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 France : 123e RI

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MessageSujet: France : 123e RI   Jeu 15 Juin 2017 - 12:12

post de digo

HISTORIQUE DU 123e RÉGIMENT D’INFANTERIE
Départ de la Rochelle.
Quand sonne l’heure de la mobilisation générale, le 123ème R.I., régiment de la Rochelle, était formé par les classes 1911, 1912, 1913. Il fut complété par les réservistes des classes 1908, 1909, 1910.
Le 5 août 1914, le régiment, composé de trois bataillons, trois sections de mitrailleuses et une C.H.R. (54 officiers, 3286 hommes et 160 chevaux), sous le commandement du lieutenant-colonel Hubert, est embarqué en gare de la Rochelle et débarqué le 7 août à Barisey la Côte (Meurthe et Moselle). Le 123ème R.I., qui fait partie de la 69ème Brigade, 35ème D.I., XVIIIème Corps d’Armée, entre dans la 2ème Armée.
Après avoir cantonné pendant quelques jours prés de son lieu de débarquement, le régiment remonte vers le Nord et se trouve le 15 août à Manonville (15 kilomètres au Sud- Ouest de Pont-à-Mousson). Le 16 août, le 123ème R.I. se porte par étapes sur Gironville et est embarqué le 18 en gare de Sorcy, à destination de Fourmies (Nord), où il débarque le 19. Le régiment, qui fait partie maintenant de la Vème Armée, franchit la frontière belge le 21 août, se portent par marches forcées vers Walcourt, Chastres (bataille de Charleroi) il est incorporé au 3ème C.A. Le 24 août, il s’établit à Silenrieux, protégeant le repli du 3ème Corps d’Armée.
Retraite de Belgique.
Alors le 123ème R.I. commence la retraite douloureuse par Robechîes, Chimay, Salles, harcelée par des patrouilles de Uhlans. Le 27 août, le 123ème est à la bouteille, qu’il tente d’organiser. Le 28, il est à Mont-d’Origny ; le 29, il attaque la ferme de Jonqueuse, prés de Bernot, il ne peut progresser, et se replie sur Landifay, Ribemont. Le 30 août, il participe à la bataille de Guise et se replie sur la Serre, où, quatre années plus tard, il devait livrer de glorieux combats.
Le 123ème R.I. qui a rejoint le 18ème C.A., reprend son repli vers le sud, passe l’Aisne à Chavonne, la Marne à Dormans, quand les Allemands étaient déjà passés à Château-Thierry la veille, et s’établit le 5 septembre à 5 kilomètres au nord-ouest de provins au Château de la Houssaye.
Bataille de la Marne et attaque du Choléra.
C’est de là que le régiment, qui a déjà montré ses qualités d’endurance en battant en retraite pendant plus de 10 jours sans repos, sans nourriture, prend l’offensive, débute dans la bataille glorieuse par l’enlèvement de Montceau-les-Provins, le 6 septembre, sur un ennemi bien supérieur en nombre. Cette première action vaut au 123ème R.I. une citation au corps d’armée.

Le 7, après avoir repoussé une violente contre-attaque, il reprend la marche en avant et pousse jusqu’à la route Reims Paris. Il franchit le Grand-Morin le 8, le Petit-Morin le 9, la Marne le 10 à Château-Thierry, le 11 l’Ourcq à Fère-en-Tardenois, le 12 à Breuil, et s’arrête à Romain. Le 13, le 123ème R.I. prend Ventelay et capture un convoi ennemi qui permet le ravitaillement de toute la D.I. L’Aisne est franchie à Pontavert le 14 septembre, et le 123ème est de nouveau au 3ème C.A. Le 15 septembre, le régiment participe à l’attaque sur Berry-au- Bac et a comme objectif la ferme du Choléra. Après une légère avance, la progression devient impossible, les positions sont maintenues au prix de pertes élevées. Le 18 septembre, le régiment est relevé. Une compagnie, malgré l’ordre de relève, reste en place pour repousser une forte attaque ennemie et barre ainsi la route de Pontavert.
Aisne : Craonne ; Bois de Beau Marais.
Après quelques jours de repos, en réserve du 18ème C.A., le régiment se porte vers le bois de Beau marais, au sud de Craonne, et reçoit en cours de route un renfort de 1000 hommes. A peine installé à la lisière nord du bois, le régiment repousse de violentes attaques, causant d’énormes pertes à la garde saxonne (devant le front d’une seule compagnie, on compte 83 cadavres). Pendant plusieurs jours le régiment tient solidement les lisières du bois et la voie ferrée de Chevreux et les organise malgré des bombardements violents d’artillerie lourde.
Moulin Brûlé. – Chivy.
Le 16 octobre, deux bataillons du régiment se portent à Moulin-Brûlé, Moussy et la ferme du Metz ; un bataillon est à Paissy, en liaison avec les Anglais. Le 28 octobre, une reconnaissance opère avec succès sur Chivy, fait des prisonniers dont un aspirant. Le 2 novembre, le régiment, qui est en réserve à Vieil-Arcy, reçoit l’ordre d’assurer la garde des ponts de l’Aisne devant une forte attaque ennemie, depuis Soupir jusqu’à Moussy-Verneuil. Le 12 novembre, le 123ème R.I. va occuper le secteur de Verneuil-Moussy, ferme de Metz. Il termine l’année 1914 dans les tranchées de Moussy-Verneuil-Beaulne. C’est le stationnement qui commence dans des conditions déplorables. Les tranchées ne sont que des fossés pleins de boue pas d’abri, pas de boyau praticable ; les travaux d’aménagement s’annoncent énormes.
Troyon.
Le 12 janvier 1915, le 123ème R.I. relève le 249ème R.I. dans le secteur Vendresse-Troyon. Le 16, les Allemands, après un cours bombardement, font exploser une mine à la gauche du secteur et s’emparent de l’entonnoir ; une contre-attaque rétablit la situation, mais cette affaire nous coûte 4 officiers et 127 hommes hors de combat. C’était le premier acte de la guerre de mines qui va caractériser le secteur de Troyon. Le régiment tient la lèvre sud du plateau de Cerny, depuis la route de Cerny à gauche, jusqu’au plateau de Paissy à droite. Pendant le long séjour dans ce secteur, le régiment va faire la connaissance de tous les engins de tranchée allemande, depuis la grenade à main jusqu’à la torpille la plus puissante, et alors les difficultés des travaux d’aménagement augmentent, en raison de la puissance croissante des engins ennemis.
Le 5 mai 1915, le lieutenant-colonel Forey remplace le lieutenant-colonel Hubert et lui- même est remplacé le 9 juin par le lieutenant-colonel Godfrin.
Le 10 février 1916, le lieutenant-colonel Erulin prend le commandement du régiment.

Le 13 avril 1916, le 123ème R.I. quitte le secteur de Troyon. Il est relevé par les 8ème et 110ème R.I. de la 2ème D.I. Après un court séjour dans la région Port à Binson-Coeuilly, le régiment s’embarque le 27 avril en gare d’Epernay, débarque dans la nuit à Villers-Daucourt, pour cantonner ensuite à Vieil-Dampierre, Sivry-sur-Ante.
Enlevé par camions automobiles dans ses cantonnements le 1er mai au matin, le 123ème R.I. est transporté sur Verdun, débarque à La Queue-de-Mala et cantonne en partie à Belleray, et à la caserne Buvaux (1er bataillon, qui va y subir des pertes sérieuses du fait du bombardement).
Verdun : Bois de la Caillette mai 1916.
Le 3 mai, l’ordre est donné de relever les troupes du sous-secteur des Carrières. La relève du 170ème R.I. a lieu la nuit du 4 au 5 mai. Pendant neuf jours, le régiment va opposer une résistance héroïque aux assauts furieux de l’ennemi, aidé d’un puissant matériel; non seulement il ne perd pas de terrain, mais réussi à avancer ses lignes en causant à l’ennemi des pertes sévères et en faisant des prisonniers. Les journées des 7 et 8 mai sont les plus dures. Les Allemands prononcent des attaquent successives accompagnées d’un bombardement incessant d’obus de gros calibre. C’est dans ce chaos infernal du bois de La Caillette, où la terre est sans cesse retournée par les obus qui ensevelissent les vivants comme les morts, que les hommes du 123ème R.I., presque privés de chefs, repoussent toutes les attaques furieuses, allant jusqu’au corps à corps, d’un ennemi supérieur en nombre et en moyens, et tiennent jusqu’à l’extrême limite des forces humaines.
Le régiment, relevé le 14 mai par le 156ème R.I., reçoit une lettre de félicitations du général commandant le groupement :
Ordre général – 35e D.I., au P.C. le 13 mai 1916.
Le général commandant le groupement Lebrun a chargé le général commandant le sous-secteur de transmettre aux troupes de ce secteur ses félicitations pour le courage et la ténacité avec lesquelles elles ont, en particulier dans la journée du 12 mai, supporté les bombardements intenses, et repoussé sur tout le front les violentes attaques de l’infanterie allemandes en infligeant des pertes sérieuses à l’ennemi.
Le général commandant le secteur est heureux de transmettre ses félicitations.
Signé : Cornille.
Le général commandant la 69ème Brigade ne veut pas laisser le 123ème R.I. quitter le secteur des Carrières sans adresser à ce magnifique régiment, et particulièrement à son chef, ses félicitations les plus sincères pour la façon dont il a su défendre le front confié à sa garde.
Les circonstances dans lesquelles il a résisté à toute attaque gagnée sans relâche du terrain sur l’ennemi étaient particulièrement difficiles, elles n’ont rendu sa tâche que plus méritoire.
Le général salue les braves tombés face à l’ennemi et adresse aux survivants l’expression de sa profonde admiration.
Signé : Dunal.
D’autre part, le lieutenant-colonel Érulin fut l’objet, à cette occasion, d’une citation à l’ordre de la 2ème Armée, le texte est vraiment une citation pour le régiment, en personne de son chef vénéré :
Lieutenant-colonel ÉRULIN,
A fait preuve, au cours des combats du 6 au 13 mai 1916, des plus belles qualités militaires (calme, coup d’œil, méthode, énergie et bravoure). Son régiment a repoussé toutes les attaques ennemies et a réussi toutes les siennes. Chef de corps modèle.

Le 15 mai, le régiment, enlevé par camions automobiles à Dugny, est transporté à Ligny en Barrois, où il se reforme.
Argonne : Four de Paris.
Le 5 juin, le 123ème R.I. est embarqué en gare de Ligny en Barrois et porté par voie ferrée à Villers-Daucourt ; il cantonne à Sainte-Ménéhould. Du 8 au 11 juin, il relève le 41ème R.I. dans le secteur du Four e Paris.
Jusqu’au 30 septembre, le régiment va tenir ce secteur, au prix de pertes élevées dues à la lutte incessante par mines et engins de tranchée.
Le 30 septembre, le régiment est enlevé en camions automobiles à Sainte-Ménéhould et débarque à Isle sous Ramerupt (Aude), aux environs du camp de Mailly.
Jusqu’au 28 novembre, le 18éme C.A. fait manœuvres au camp, s’entraînant à l’attaque avec utilisation des engins nouveaux (grenades, V.B, F.M, canon de 37).
Le 29 novembre, le 123ème se porte, par étapes, du camp de Mailly, dans la région de la Boissière-Le Déluge (Oise), où il stationne du 13 au 24 décembre.
Le 25 décembre, il est porté par camions automobiles à Proyart (Somme).
Somme.
Le 26, il prend le secteur de Berny-en-Santerre. Les travaux d’aménagement de ce secteur sont très pénibles, le terrain étant une véritable mer de boue.
Le 123ème R.I. est relevé le 11 février par le 4e Northumberland Fusiliers, et se rend par étapes dans la région Cormeilles-Blancfosse (Oise). Le 3 mars, il fait mouvement pour se porter dans la région de Davenescourt (Somme) et tient le sous-secteur d’Erches du 6 au 14 mars. (Coup de main sur Andechy).
Le 16 mars, le régiment est relevé par le 307ème R.I., et va cantonner à Hangest en Santerre. Le 123ème R.I., alors détaché de la 69ème brigade et de la 35ème D.I., occupe une série de cantonnements où il effectue des travaux, dans la région de Etelfay-Davenesrouri-La Boissière, etc. Le 23 mars, le régiment rejoint la 69ème brigade qui se déplace dans la direction de Beauvais (Oise), et stationne quelques jours à Nanteuil le Haudouin, puis à Coincy et Chéry-Chartreuse.
Aisne. – Vauclair.
Nous sommes au 15 avril ; l’ordre général d’opérations reçu dans les bois au nord de Fismes, annonce pour le lendemain la grande offensive tant attendue. Le 123ème R.I. est avant-garde du 18ème C.A. corps d’armée de réserve, le soir du 15 avril, il est à Glennes. Le matin du 16, il quitte les carrières de Glennes et se porte par Revillon- Oeilly, sur le plateau de Paissy, où il arrive dans la matinée et reçoit l’ordre de stationnement à la ferme de la Tour de Paissy, où il est violemment bombardé. Il passe la nuit dans les carrières, sur les lèvres du plateau et, le 17 avril, l’attaque n’ayant pas donné les résultats espérés, le 123ème reçoit l’ordre de faire mouvement en arrière. Il vient cantonner à Merval et Fismette ; le 18, il est revenu à Chéry- Chartreuse. Le 21, le régiment est enlevé en camions autos ; il débarque à Beaurieux et s’abrite pendant la journée dans les bois du Moulin-Rouge.

La 35ème D.I. va relever la 162ème D.I. ; le 123ème R.I. remplace les 127ème et 327ème R.I. dans le secteur de Vauclerc, à droite de la ferme d’Hurtebise, au nord d’Oulches, secteur extrêmement agité, pris en pleine bataille qui n’a pas cessé depuis le 16 avril.
Le régiment occupe les anciennes tranchées ennemies en face le bois BI, dont la solide organisation a empêché toute progression. Des tunnels profonds mettent à l’abri toute une garnison ; leur sortie sur la vallée de l’Ailette permet de ravitailler et de renforcer les hommes qui les occupent. Le bombardement ennemi ne se ralentit pas.
Le 25 avril, l’ennemi attaque fortement sur la ferme Hurtebise, tenus par le 4ème Zouaves, et sur la gauche du 123ème R.I. Les Allemands s’emparent de notre première ligne, coupent la liaison avec le 4ème Zouaves et mettent toute la gauche du régiment dans une situation critique. Une contre-attaque, menée avec une superbe énergie par le bataillon de soutien, à travers un feu de barrage continu d’artillerie lourde de campagne, sur un terrain bouleversé, rétablit la situation.
Dans la journée du 26 avril, la liaison est rétablie avec le 116ème R.I., qui a relevé le 4ème Zouaves ; toutes les positions occupées la veille sont reprises, l’ennemi laisse de nombreux morts sur le terrain ; nos pertes sont de 7 officiers et 258 hommes hors de combat.
Les journées qui suivent sont caractérisées par des bombardements intermittents et des combats à la grenade.
Le lieutenant-colonel Erulin est évacué, le commandant Nodiom prend le commandement du régiment le 1er mai.
Le 3 mai, notre artillerie domine nettement celle de l’adversaire, la concentration de feux devient intense sur le bois BI et ses abords. L’ordre d’opérations fixe au 4 mai l’enlèvement du bois BI, nous devons porter nos lignes à la lèvre nord du plateau de Vauclair et rejeter l’ennemi dans la vallée marécageuse de l’Ailette.
L’attaque est reportée au 5 mai. La préparation d’artillerie est prolongée par des tirs de V.B, si efficaces sur les premières lignes qu’une partie des occupants se rend avant le déclenchement de l’attaque.
Toute la 35ème D.I. passe à l’attaque. Le 123ème R.I. est encadré à droite par le 57ème, et à gauche par le 249ème R.I.
A 9 heures, les deux vagues successives sortent des tranchées. La première ligne ennemie est enlevée, la garnison prisonnière (60 hommes), la progression est continue à travers le bois BI. Les deux sorties du Wald Tunnel sont rapidement tenues par nos grenadiers, qui réduisent ainsi à l’impuissance la garnison (3 officiers, 300 hommes, 80 blessés).
Mais la droite se heurte à deux mitrailleuses qui surgissent soudain d’un abri et prennent de flanc nos éléments avancés; la progression s’arrête. Les avions signalent que les Allemands profitent de cet arrêt pour préparer une contre-attaque, la situation devient difficile.
L’énergique action d’une section de soutien qui, par des tirs de V.B. et une vigoureuse attaque à la grenade, réduit les mitrailleuses et les capture avec leurs servants, permet la reprise de la progression. La contre-attaque est déjouée ; à 17 heures, tous les objectifs sont atteints et la liaison établie à droite et à gauche avec les éléments voisins : des petits postes sont poussés dans la vallée de l’Ailette. Les pertes sont relativement légères pour une opération de cette importance. Le nombre de prisonniers est de 800, tous les régiments de la Garde prussienne. Le butin comprend 14 mitrailleuses, des canons de tranchée et un matériel très important d’équipement et de munitions.
Le 11 mai, le régiment est relevé sur ses positions par le 213ème R.I. et le 43ème B.C.P. ; il va cantonner à Baslieux les Fismes.
A l’occasion de ces combats glorieux, qui nous rendirent maîtres des formidables organisations de Vauclair, le 123ème R.I. reçoit sa première citation à l’ordre de l’Armée.

Sous les ordres du commandant Nodiom, appelé la veille de l’attaque au commandement du régiment, a pris un secteur en plein combat, l’a nettement élargi et amélioré. Après avoir victorieusement résisté, du 21 avril au 4 mai à de multiples contre-attaques, est passé le 5 à l’offensive et a brillamment enlevé les objectifs assignés, réduisant un à un tous les centre de résistance ; a, en collaboration avec un régiment voisin, fait plus de 800 prisonniers et capturé un nombreux matériel de guerre dont 14 mitrailleuses, 8 minenwerfer et 6 canons de tranchée.
Le 7 mai, le lieutenant-colonel Rouchon avait pris le commandement du régiment. Le 123ème R.I. reprend son ancien secteur de Vauclerc.
Le 3 juin, il aide le régiment de droite (49ème R.I.), à repousser une formidable attaque allemande sur le plateau des Casemates et la fait échouer par des feux de flanc. Du 12 au 15 juin, le régiment est relevé et transporté par camions dans la région de Château-Thierry (Etampes et Chierry).
Il fait mouvement par voie de terre jusqu’à Montmirail, où il est embarqué et transporté par chemin de fer dans la région de Villersexel (Borey).
Alsace.
Le 8 juillet, la 69ème brigade se déplace pour se porter en Alsace. Le 123ème R.I. est à Saint- Ulrich et Friessen le 13 juillet. Le 14, il relève le 23ème R.I.C. dans les centres de résistance des Forêts Communales (Gluckerwald). A cette date, un détachement était parti accompagner le Drapeau à Paris, pour la revue du 14 juillet.
Le séjour en Alsace dure jusqu’au 9 septembre, séjour de calme et de travail dans les grandes forêts communales.
Le 123ème R.I., relevé par le 249ème R.I., séjourne quelques jours prés de Belfort (Vourvenans, Chatenois, Tretudans) et se porte à Rechesy, sur la frontière Suisse.
Champagne.
Le 3 octobre, il est embarqué en gare de Morvillars et porté par voie ferrée à Valmy, et stationne dans la région de Suippes à partir du 5 octobre.
Le 8 octobre, le 123ème R.I. relève le 107ème R.I. dans le sous-secteur Etoile (3 kilomètres nord-ouest de Souain, cote 174).
Dés son arrivée en secteur, les 11 et 12 octobre, le régiment subit un bombardement des plus violents, préparatoire d’un coup de main qui échoue sous nos feux et ceux du régiment voisins (34ème R.I.).
Jusqu’au 3 mars 1918, le régiment occupe ce secteur, repoussant de fréquents coups de main, subissant de violents bombardements et faisant des travaux importants de défense, qui auront leur utilité dans quelques mois. Il est relevé en mars 1918 et porté par voie de terre dans la zone de Vertus (Marne).
Nous sommes en mars 1918, les Allemands ont entrepris la grande offensive qu’ils pensent devoir décisive dans cette phase de la guerre, peut-être la plus dure, le 123ème R.I. sera de tous les combats jusqu’à l’armistice. Après avoir arrêté la marche victorieuse de l’ennemi au prix des plus grand sacrifices, il le refoulera, enlevant une à une ses formidables positions jusqu’au jour où le boche abattu demandera grâce.

Moulin de Suzoy. – Mont Renaud.
Le 24 mars, le régiment est enlevé par autos dans ses cantonnements et débarqué le 26 au matin sur la route Noyon – Compiègne, entre Chiry et Ribécourt, après trente trois heures de voyage par une chaleur torride, dans un nuage continu de poussière. Malgré la fatigue, le régiment a conservé son bel entrain. Le 26 mars au soir, il est jeté dans la bataille au milieu du désordre invraisemblable des troupes de toutes armes qui battent en retraite, et de civils qui fuient devant la ruée d’un ennemi grisé par quatre jours de succès qui semblent lui ouvrir la route de Compiègne et celle de Paris.
Le 123ème R.I., avec toute la 35ème D.I., va tendre sur cette route une barrière infranchissable. Pendant cette montée à la bataille, effectuée dans les conditions les plus pénibles (les mitrailleurs, n’ayant pas de chevaux, traînent leurs voiturettes), le régiment produit la plus magnifique impression.
Le régiment doit faire barrage sur la ligne Pont-l’évêque, Mont Renaud – Ancien moulin, il ne faillira pas.
Dés le 26 au matin, à peine installé, le bataillon de gauche repousse une violente attaque aux lisières du bois de la Réserve ; à droite, aux abords du Mont-Renaud, la lutte est plus âpre encore, allant jusqu’au corps à corps ; l’ennemi est repoussé dans ses lignes.
Le 27, le régiment, en liaison à droite avec le 57ème R.I., à gauche avec le 205ème R.I., repousse des attaques successives menées à gros effectifs, accompagnées de violents bombardements. Nulle part, l’ennemi ne peut aborder nos lignes et subit des pertes très lourdes.
Le 29, deux autres attaques sont repoussées dans les mêmes conditions ; le bombardement devient ininterrompu.
Le 30, le déluge de projectiles sur nos troupes est tel qu’il semble que l’ennemi veut en finir avec notre résistance. Il prononce, sur le front du 123ème R.I., sept attaques successives menées par quatre régiments différents. Le bataillon de gauche fléchit un instant sous cette ruée formidable ; une contre-attaque rétablit la situation.
Le 31 mars, nos lignes sont réoccupées entièrement. Les jours suivants, l’ennemi ne renouvelle pas ses attaques, la leçon a été rude, ses pertes sont énormes, la route de Paris est barrée, décidément on ne passe pas !
Après être resté jusqu’au 20 avril sur les hauteurs du moulin de Suzoy, le 123ème R.I. relève au Mont Renaud le 57ème R.I. très éprouvé. « Tenir coûte que coûte le Mont Renaud », telle est la consigne, le 123ème R.I. saura l’observer.
Du 27 au 30 avril, le bombardement augmente d’intensité ; le 28 et 29, tirs incessants de 210, d’obus à gaz, de torpilles, sur un terrain où il n’y a plus d’abri.
A ce moment, l’un des plus critiques de la guerre, il faut à chacun la confiance dans tous, pour tenir dans d’aussi terribles situations.
Le 30 avril au matin, l’attaque se déclanche formidable, menée par des troupes spéciales d’assaut accompagnées de flammenwerfer. Les Allemands progressent au centre, encerclent totalement deux commandements de compagnie qui organisent leur P.C. et luttent jusqu’à la contre-attaque.
A 7 heures, celle-ci se déclenche sous un barrage ennemi d’une violence inouïe et, toute la journée, méthodiquement, reprend le terrain perdu ; à 18 heures, la situation est complètement rétablie.
Nous avons des pertes (10 officiers et 369 hommes), mais l’ennemi laisse dans nos lignes 109 cadavres, 8 mitrailleuses, 2 flammenwerfer. Il est impossible de passer sous silence l’esprit de sacrifice qui animait tous ceux qui combattaient ce jour-là sur le Mont Renaud !

Le 1er mai, nouvelle attaque, mais beaucoup moins de mordant : l’effet de l’échec de la veille se fait sentir. Jusqu’au 8 mai, le régiment tient sous des bombardements violents ; il est relevé par le 164ème R.I. et va prendre un peu de repos dans la région Longueil – Annel – Janville, au nord de Compiègne.
A l’occasion de ces derniers combats, le régiment est l’objet de la citation à l’ordre de l’Armée suivante, qui porte le plus bel éloge que l’on puisse faire à un régiment :
Le 123e Régiment d’Infanterie, régiment connu par son entrain superbe et sa magnifique tenue au feu. Intervenant dans la bataille dans la soirée du 25 mars 1918, a, sous les ordres du commandant NODIOM, puis du lieutenant-colonel RONCHON, soutenu de jour et de nuit, jusqu’au 30 mars, une lutte héroïque pour empêcher toute infiltration, tout débordement d’un ennemi supérieur en nombre, dont la progression fut ainsi arrêtée, malgré ses puissantes attaques renouvelées sans cesse. Le 30 avril 1918, chargé de la défense d’un point important du front, a soutenu avec la plus belle énergie une violente attaque allemande à gros effectifs, menée en partie par des troupes spéciales d’assaut, précédée par un bombardement d’une extrême intensité par obus toxiques et appuyée par une puissante artillerie a, par une brillante contre-attaque, repoussé l’ennemi, lui faisant subir de lourdes pertes dans un combat corps à corps de plusieurs heures, capturant des prisonniers, 8 mitrailleuses, et maintenant intégralement ses positions.
Signé : Humbert.
Soissons – Saconin.
Le 30 mai, le régiment est alerté dans ses cantonnements et embarqué le 30 à Rethondes en camions pour être le 31 à Coeuvres. La situation était bien critique. L’ennemi avait pris Soissons et occupait une ligne générale Vauxbuin – Chaudun. Le 123ème R.I. est jeté dans la bataille, dés son débarquement, pour contre-attaquer en direction de Soissons en liaison avec la division marocaine à gauche et le 57ème à droite.
Le régiment débarque trop loin de sa zone d’action et arrive trop tard pour participer à l’attaque. La fatigue des hommes est extrême quand le 123ème R.I. arrive sur ses positions (Saconin – Vaux) il tient sur cette ligne le 31 mai, les 1er et 2 juin, repoussant toutes les attaques (neuf dans la journée du 1er, six dans la journée du 2) contre un ennemi supérieur qui reprend sa marche en avant. Pendant quatre jours, le 123ème R.I. va lutter pied à pied, arrêtant l’ennemi à chaque ravin, parfois sans cartouches, toujours sans vivres, jusqu’aux carrières de Laversine, où il est relevé dans la nuit du 5 au 6 juin.
Le colonel rejoint la 35ème D.I. à Saint Etienne au Temple, avec 38 officiers et 626 hommes exténués, mais encore prêts à combattre. Enlevé en camions, le régiment va prendre un peu de repos et se reformer dans la région de l’Ile Adam. Par ordre n° 93 du général en chef, le 123ème R.I. reçoit la Fourragère aux couleurs de la Croix de guerre.
Les 14 et 15 juin, le régiment est enlevé en chemin de fer à l’Ile Adam et débarqué à Villers Daucourt.
Argonne – Vauquois.
Le 19 juin, il relève le 372d R.I. U.S. et 305ème R.I. dans le secteur de Vauquois, en liaison avec le 344ème R.I. à gauche et le 127ème R.I. à droite. Il travaille à l’aménagement du secteur en profondeur, selon les ordres de la IVème Armée. Puis, dans le secteur du Four de Paris, il supporte le contrecoup de l’attaque allemande en Champagne du 15 juillet, fait des patrouilles et subit des bombardements très violents.

Le régiment est relevé sur ses positions du 10 au 12 août par le 70ème R.I. italien et se porte par étapes à Givry en Argonne.
Le 20 août, il est embarqué en chemin de fer et débarqué le 21 à Ailly sur Noyé (Somme), et cantonne dans les environs, en pays dévasté, où il n’y a même pas d’eau potable.
Chilly – Savy – Saint-Quentin.
Le 25 août, le 123ème R.I. relève la 10ème brigade canadienne sur ses positions de Chilly. Le régiment va commencer sa marche victorieuse et refouler l’ennemi qu’il a si souvent contenu.
Le 26 août, le 123ème R.I. est à la voie ferrée de Chaulnes, le 27 à Hallu, Dunchy, le 28 à Morchain, où il se heurte à de violents feux de mitrailleuses. Le 29, il éprouve une sérieuse résistance à Béthencourt, le 30 août le village est enlevé, un mitrailleur abat un avion ennemi. Le 2 septembre, le passage du canal a été effectué par une section qui, toute la journée, résiste aux contre-attaques de l’ennemi, tenant solidement la rive Est. A la nuit, toutes les passerelles étant détruites, la section revient sur la rive ouest. Le 3 septembre, le 123ème R.I. cède sa place au 59ème R.I. et va relever le 57ème à Mesnil – Saint-Nicaise – Rouy le grand. Le 4, une compagnie envoyée en reconnaissance dans la direction de la route de Longuevoisin – Voyennes, au sud de la voie ferrée, s’empare de 120 prisonniers, 4 mitrailleuses lourdes et 5 légères, 1 canon de tranchée. La progression continue alors pour tout le monde. Le régiment passe la Somme (un bataillon à Offoy, deux à Bethencourt) et s’arrête devant Douilly, où la résistance de l’ennemi s’affirme. Le 7 septembre, le régiment reprend sa marche en avant et s’arrête en fin de journée devant la résistance de Fluquières et la cote 109. Le lendemain, ces deux positions sont enlevées, mais toute progression est interdite pendant le jour par l’ennemi qui tient Roupy et la cote 90.
Les 9 et 10 septembre, reconnaissance qui fixent la résistance ennemie sur toute la ligne et atteignent la route de Roupy – Le Hamel.
Le 11 septembre, un combat très rude, à travers des réseaux de fils de fer intacts, nous donne la cote 90 et la progression reprend, méthodique et laborieuses, pour nous mener le 15 septembre à la route Savy- Fontaine-les-Clercs (cote 99).
L’ensemble de ces brillantes opérations, réussies avec des pertes légères, valut au 123ème R.I. une citation à l’ordre du Corps d’Armée.
Sous les ordres du lieutenant-colonel Rouchon, a, du 25 août au 15 septembre, chassé l’ennemi sur 30 kilomètres de profondeur, fait 172 prisonniers et pris un nombreux matériel. Grâce à son élan et à son moral élevé, a supporté vaillamment les pertes et les fatigues imposées tant par des combats journaliers victorieusement soutenus que par la marche en un pays complètement dévasté par l’ennemi en retraite.
Signé : Nollet. Commandant le 36e C. A.
Dans la nuit du 16 au 17 septembre, le 123ème R.I. est relevé sur ses emplacements par le 15e groupe de chasseurs.
Il se porte par étapes à Rouvroy-en-Santerre, où il est embarqué en camions autos le 22 septembre, et porté dans la région de Mortefontaine (sud-ouest de Soissons).
Le 10 octobre, le régiment se porte par étapes vers Soissons, à Chaudun. Il traverse alors le terrain des terribles combats de juin et honore, en passant, la place où beaucoup sont tombés au moment de la retraite douloureuse.

Passage de la Serre.
Le 13 octobre, le 123ème R.I. est à Bichancourt, Manicamp, Marizelle et Quierzy. L’ennemi tient la ligne Queue-de-Monceau – Bellevue (nord-est de Versigny). Le 14, le 123ème R.I. se porte dans la zone Doeuillet – Servais. (La 35ème D.I. entre alors dans le 8e C.A.)
Le 15, il est à Danisy et Charmes, puis se porte sur Anguilcourt. Il trouve alors devant lui le barrage de la Serre, dont les rives nord sont très solidement tenues par l’ennemi. Il est en liaison à gauche avec le 11ème R.T.A., qui a tenté le passage de la rivière au nord de Les Travers et dont seulement un groupe de 8 hommes a pu passer. Ce succès est exploité durant la nuit grâce à l’admirable ténacité des pionniers du régiment et du génie divisionnaire, qui réparent la passerelle sous un feu extrêmement violent d’artillerie et de mitrailleuses.
Dans la journée du 17, un bataillon réussit à passer par infiltration, des élément avancés s’étant jetés à travers les marais où ils combattent plusieurs heures dans l’eau jusqu’à la ceinture.
Tout le régiment est passé le 18 et la marche en avant se poursuit sur le Fort Mayot, dépassé le soir, et Kenansart.
Le 19, la marche en avant continue et, poussant au-delà de Fay-le-Noyer, le 123ème R.I. se heurte à la cote 120, au sud de Ferrière, très solidement organisée, et repousse une contre- attaque partie de Ferrière.
Ferrière. – Cote 120.
Après une tentative infructueuse sur la cote 120, en fin de journée, le régiment stationne, ayant sa gauche en face de Ferrière, et sa droite à hauteur de la voie romaine.
Seconde tentative le 20 octobre : les éléments avancés se heurtent à des mitrailleuses, des tranchées organisées avec des réseaux de fils de fer très sérieux. L’artillerie ennemie est très active.
Le 21, une compagnie, dans un superbe élan, dépasse le chemin de Ferrière à la cote 100 ; elle ne peut pas être soutenue et est obligée de regagner sa base de départ. L’ennemi ne veut pas lâcher ses positions, il faudra une sérieuse préparation d’artillerie. Les 22 et 23, le régiment prépare ses bases de départ ; le 24, il passe à l’attaque. Le bataillon de gauche progresse rapidement, mais celui de droite se heurte à des réseaux intacts. Malgré les barrages d’artillerie, malgré les feux croisés des mitrailleuses, il s’ouvre des passages à la cisaille et se rue à l’assaut ; la cote 120 est enlevée, nous sommes sur la route Ferrière-la-Ferté.
Mais à droite (67e R.I.) et à gauche (11e tirailleurs), les éléments voisins n’ont pas pu déboucher ; l’ennemi contre-attaque sur les deux flancs, la situation est critique. Le régiment tient bon dans une lutte héroïque allant jusqu’au corps à corps ; les pertes sont élevées, mais il a pris 365 prisonniers dont 10 officiers, 1 canon de 77 anti-tanks et une grande quantité de mitrailleuses. Au cours de cette attaque, tous les commandants de compagnie des deux bataillons d’assaut furent tués où blessés.
Le 26, la marche en avant reprend, mais les unités voisines de gauche ne suivent pas, et toute notre ligne, soumise à un tir de barrage d’une extrême violence, subit une forte contre- attaque, repoussée avec de grosses pertes pour l’ennemi et des prisonniers. La liaison est rétablie à gauche.
L’ennemi bat en retraite ; le 123ème R.I. maintient le contact et est arrêté au nord de la Ferté par des feux de mitrailleuses partant de la cote 115.
Le 27, cette dernière position est enlevée, le 123ème R.I. enlève Chvresis-Monceau, fait des prisonniers, franchit le Péron, pousse jusqu’à Monceau-le-Neuf, qui est pris, et s’établit en fin de journée sur la route Monceau-le-Neuf – Sons au nord-ouest de monceau-le-Neuf.

Le 29, des éléments sont poussés jusqu’à la ferme Murcie, au nord de Monceau.
Le 3 novembre, le 123ème R.I. est relevé sur ses positions par le 412ème R.I., stationne à Charmes et se porte par voie de terre à Bailly, Ribécourt, Pimprez, Dreslincourt. C’est là que le 11 novembre il apprend la signature de l’armistice.
Au cours de ces combats brillants, qui devait décider de la guerre, le régiment conserve l’entrain qui lui est particulier, malgré ses fatigues et ses pertes (15 officiers et 518 hommes hors de combat). Il a capturé 451 prisonniers, une centaine de mitrailleuses, i canon de 77 anti-tanks, 2 canons de 77 de tranchée, un nombreux matériel dont des stocks énorme de munitions et plusieurs wagons.
Ces derniers exploits valurent au 123e R. I. une citation à l’ordre de la 1ère Armée, datée du 27 septembre 1918 :
Régiment manœuvrier et plein d’ardeur, sous les ordres du lieutenant-colonel Rouchon ; après avoir, les 17 et 18 octobre, forcé le passage d’un cours d’eau marécageux dans des conditions particulièrement difficiles, a mené la poursuite avec vigueur et ténacité. Le 14 octobre, franchissant à la cisaille de forts réseaux barbelés sous un feu intense de mitrailleuses et d’artillerie, a réussi, dans un assaut brillant allant jusqu’au corps à corps, à enlever une position fortement défendue ; puis, par des attaques répétées, a bousculé l’ennemi sur une profondeur de plus de 3 kilomètres, capturant 450 prisonniers, près de 100 mitrailleuses, un canon de 77 anti-tanks et une grande quantité de fusils, de munitions et de matériel
Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire.
Le 123ème était alors titulaire de cinq citations (deux citations à l’ordre de corps d’armée, trois citations à l’ordre de l’Armée).
Par ordre du maréchal commandant en chef en date du 11 mars 1919, la citation au 36ème C.A., obtenue par le régiment à la suite de sa brillante poussée sur Saint-Quentin, est annulée et transformée en citation à l’ordre de la 1ère Armée.
L’ordre n° 150 « F » confère au 123ème R.I. la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire.
Le 123e R.I., dans cette année 1918, traça les plus belles pages de son histoire, faite tout entière d’héroïsme et de sacrifices. Soit dans la malheureuse retraite après Charleroi, soit en exécutant le travail ingrat d’aménagement de secteur, ou bien dans les mêlées de Verdun et du Mont-Renaud, arrêtant les élans furieux d’un ennemi toujours supérieur en nombre ou dans la poursuite de cet ennemi enfin vaincu, le 123e R. I. a toujours accomplit fidèlement la mission qui lui était confiée, au prix de n’importe quelles fatigues et de toutes les souffrances. Ceux qui ont l’honneur de servir dans les rangs de ce régiment peuvent être fiers ; jamais, au cours de cette guerre, il n’eut un reproche.
Et ceux qui se sont sacrifiés ne sont pas tombés inutilement, leur mémoire est à jamais gardée dans les plis du Drapeau, qui flotte gaiement au vent de la Victoire.

LA FOURRAGÈRE DU 123e RÉGIMENT D’INFANTERIE
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« Régiment connu pour son entrain superbe et sa belle tenue au feu. »
Cet éloge splendide, placé en tête de la deuxième citation qui est venue honorer le drapeau du 123ème R.I. résume l’histoire de ce régiment au cours de la guerre.
Depuis août 1914, le régiment de La Rochelle avait ajouté de belles pages à son glorieux historique. A la bataille de la Marne, il enlevait de haute lutte Montceau-les-Provins et poursuivait l’ennemi sur l’Aisne, ce qui lui valait une citation à l’ordre du corps d’armée.
A Verdun, pendant douze jours, jusqu’à l’extrême limite de ses forces, le 123ème R.I. interdisait toute avance à l’ennemi en tenant le bois de La Caillette. En Argonne, il résista, au prix de pertes élevées, à la guerre de mines du secteur si difficile du bois de la Gruerie ; enfin,il fut appelé à l’honneur de coopérer à l’enlèvement du plateau de Vauclair, en mai 1917.
Après une préparation d’artillerie méthodique, l’attaque fut ordonnée le 5 mai. A 9 heures, les vagues d’assaut sortent des tranchées et, avec un élan magnifique, les premières positions ennemies sont enlevées, presque sans perte ; des groupes de nettoyage interdisant la sortie des tunnels nombreux qui faisaient du plateau de Vauclair une des plus formidables positions ennemies de tout le front.
Mais deux mitrailleuses se révèlent soudain, menaçant d’entraver la progression ; profitant de cet arrêt, les Allemands préparent une contre-attaque signalée par les avions. L’intervention rapide de quelques éléments de soutien du 123ème R.I., par l’action des V.B. et une vigoureuse attaque à la grenade, réduit au silence les mitrailleuses qui sont capturées avec leurs servants. La contre-attaque est déjouée, la progression continue et à 14 heures, le 123ème R.I. atteint ses objectifs.
Il avait fait au cours de sa marche victorieuse, 800 prisonniers de la Garde et conquis 14 mitrailleuses, des canons de tranchée, un matériel énorme d’armement, d’équipement et de munitions. Quelques jours après, le 123ème R.I. recevait, à cette occasion, sa première citation à l’ordre de l’Armée. Nous retrouvons le 123ème R.I. parmi les unités héroïques qui ont arrêté dans son élan la formidable ruée que les Allemands avaient déclanchée le 21 mars 1918. Jeté dans la bataille le 25 mars, à l’ouest de la route Noyon – Ribécourt, le 123ème R.I. reçoit le 26 l’ordre de barrer la route Noyon – Compiègne.
A deux reprises, à 11 heures et à 17 heures, le régiment, dont le front s’étend sur quatre kilomètres, résiste aux assauts furieux de l’ennemi et maintient la liaison avec les régiments voisins tout en organisant le terrain.
Les 27, 29 et 30 mars, les Allemands multiplient les attaques à gros effectifs, précédées et accompagnées de violents bombardements; le 123ème R.I. brise chaque fois l’élan de l’adversaire, lui cause des pertes énormes et se maintient sur la ligne qu’il a mission de garder.
Le 13 avril, le 123ème R.I. relève le 57ème R.I. dans le sous-secteur du Mont-Renaud ; malgré les bombardements violents et continus, il organise solidement ses positions. Le 30 avril, vers 6 heures, les Allemands déclanchent une formidable attaque, menée par des troupes spéciales d’assaut, précédées et accompagnées d’une grosse concentration d’obus et de minenwerfer a gaz. Profitant de la surprise, les Allemands poussent au centre ; certains éléments du 123ème R.I., complètement entourés, luttent pendant plusieurs heures avec une magnifique énergie.

Des contre-attaques locales, exécutées à partir de 9 heures, repoussent progressivement l’adversaire et, dans la soirée, non seulement la situation est complètement rétablie, mais encore le 123ème R.I. avait gagné du terrain au-delà de ses anciennes positions. Ses pertes étaient sévères, mais l’ennemi laissait sur notre position 109 cadavres et entre nos mains, un certain nombre de prisonniers et des mitrailleuses.
Le 123ème R.I. reçut alors sa deuxième citation à l’ordre de l’Armée, qui lui conférait le droit au port de la Fourragère aux couleurs de la Croix de guerre.
Ce brillant régiment, jusqu’à l’armistice, devait se voir attribuer encore deux citations à l’ordre de l’Armée.. Après avoir arrêté l’ennemi victorieux dans la sanglante mêlé de Noyon, le 123ème R.I. va le refouler de Chaulnes à Saint-Quentin.
Le 26 août, le régiment relève la 10ème brigade canadienne sur ses position de Chilly, le 26 il est à la voie ferrée de Chaulnes, le 27 à Hallu, Punchy, le 28 à Morchain, où il se heurte à de violents feux de mitrailleuses, qu’il réduit.
Le 29, il éprouve une sérieuse résistance à Béthancourt, le 30 le village est enlevé. Le 2 septembre, le passage du canal de la Somme est effectué par une section qui, toute la journée, résiste aux contre-attaque de l’ennemi, tenant solidement les rives Est. A la nuit, toutes les passerelles étant détruites, la section est obligée de revenir sur la rive ouest. Le lendemain, le 123ème R.I. cède sa place au 59ème R.I. et va relever le 57ème R.I. à Mesnil-Saint-Nicaise et Rouy-le-Grand. Le 4 une compagnie, envoyée en reconnaissance dans la direction de la route Longuevoisin – Voyennes, au sud de la voie ferrée, s’empara de 120 prisonniers, 4 mitrailleuses lourdes et 5 légères, 1 canon de tranchée. La progression continue alors pour tout le monde. Le régiment, après une contremarche de nuit remarquablement exécutée, passe la Somme à Offoy et Béthencourt et s’arrête devant Douilly, où la résistance de l’ennemi s’affirme.
Le 7 septembre, le régiment reprend sa marche en avant et s’arrête en fin de journée devant une ligne de résistance passant par Fluquières-en cote. Le lendemain, ces deux positions sont enlevées brillamment, mais toute la progression est interdite pendant le jour par l’ennemi qui tient Roupy et la cote 90.
Les 9 et 10 septembre, reconnaissances qui fixent la résistance ennemie sur toute la ligne et atteignent la route à Roupy-le Hamel. Le 11 septembre, un combat très rude, livré à travers des réseaux intacts sous un feu de mitrailleuses intense, nous donne la cote 90. La progression reprend méthodique et laborieuse jusqu’à la route Savy-Fontaine – aux Clercs, occupée le 15 septembre. Les hommes du 123ème R.I., exténués par cette poursuite de l’ennemi, qui dure depuis quinze jours, sur 30 kilomètres en terrain dévasté où le ravitaillement est extrêmement difficile, sont relevés sur leurs positions par le 15ème groupe de chasseurs. Ils ont capturés 172 prisonniers et un matériel énorme que la rapidité de la poursuite ne permet pas de dénombrer.
L’ensemble de ces brillantes opérations, réussies avec des pertes légères, valu au 123ème R.I. une citation à l’ordre du 36ème C.A., annulée et transformée en citation à l’ordre de la 1ère Armée par le maréchal commandant en chef.
Les opérations qui devaient valoir au 123ème R.I. sa quatrième citation à l’ordre de l’Armée débutent le 14 octobre sur la Serre. Le passage de cette rivière, effectué dans la journée du 14 octobre par un groupe de huit hommes, est continué durant la nuit, sous un feu intense d’artillerie et de mitrailleuses, grâce à l’héroïque ténacité des pionniers du régiment et au mordant des premiers éléments qui n’ont pas hésité à se jeter à travers des marais dans l’eau jusqu’à la ceinture, et à y combattre pendant plusieurs heures pour appuyer le mouvement
Le 17 octobre au soir, un bataillon a franchi la Serre, le 19 à 9 heures, tout le régiment est passé et la poursuite commence.

La 35ème D.I. se heurte alors à la cote 120. Une opération est montée le 24 octobre pour enlever cette formidable position. C’est au cours de cette attaque, menée avec un indescriptible entrain, que deux bataillons du 123ème R.I. s’ouvrent un chemin à la cisaille à travers des réseaux de fils de fer que notre artillerie n’avait pu détruire, et atteignent tous leurs objectifs malgré un barrage ennemi d’une extrême violence. De fortes contre-attaques se heurtent à la résistance opiniâtre du 123ème R.I., qui les brise et conserve toutes ses positions.
Le lendemain, la marche en avant reprend dans la direction de Ferrière-la-Ferté. Le 26 octobre, le 123ème R.I. poursuit jusqu’à Chevresis-Monceau.
Le 27, il enlève ce village, puis, après le passage difficile du ruisseau Péron, il conquiert, par un coup de main vigoureux le village de Monceau-le-Neuf et s’établit sur la route Monceau-Le-Neuf – Sons. Le régiment est alors relevé, en raison de la fatigue des hommes et des pertes subies qui sont sévères : 3 officiers tués et 10 blessés, 518 hommes tués où blessés. Le régiment avait capturé 451 prisonniers et un butin énorme.
L’ensemble de ces opérations, menées avec ardeur et l’entrain qui ont toujours caractérisé le régiment, valut au 123ème R.I. sa quatrième citation à l’ordre de l’Armée.

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France : 123e RI
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