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  Casque du Gefreiter Richard Ebinger,

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festwagner

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Date d'inscription : 07/01/2010

MessageSujet: Casque du Gefreiter Richard Ebinger,    Mer 3 Jan 2018 - 18:39

Voici un casque wurtembourgeois blanc pour lequel il a été possible d’affiner son destin.





Le maillechort a une belle pâtine, on voit la différence de vieillissement au niveau du volet d'aérateur que j'ai déplacé



Le casque ne présente aucun marquage d’unité.



Les grands collectionneurs auront naturellement tiqué sur la présence de clous de pointe à vis, ce qui n’est pas conforme. Toutefois, la nature de l’unité permet d’accepter plus facilement la présence de ces clous. En effet, le nom est inscrit en deux endroits et est aisément déchiffrable.







R. Ebinger avec, en plus, dans la bombe le chiffre 122. Le JR 122 n’ayant jamais porté de casque blanc, il s’agit ici du RJR 122, formé en particulier à partir de compagnies en excédent des RJR 119 et RJR 121. Or le RJR119 avait au moins partiellement des casques blancs. En outre, les Kammer ont dû fournir ce qu'ils avaient sous la main, blanc ou doré.
Le RJR122 ayant commencé à être formé en mai 1915, on peut imaginer en outre des casques ne respectant plus à la lettre les directives d’avant guerre. La patine des différentes pièces milite de toute façon pour des éléments à vis ensembles avec le reste du casque depuis longtemps.

Un seul R. Ebinger avec lien avec une unité en 122 correspond : Richard Ebinger, de la 7/RJR122, né le 23 janvier 1896. D'autres R. Ebinger ont servi dans des unités wurtembourgeoises ayant potentiellement récupéré des casques blancs (RIR 247 ou IR 414) mais sont blessés en 1918, et n'avaient donc plus de casque à pointe.

R Ebinger est indiqué comme blessé léger dans la VL 1021 du 20 juin 1916 mais avec la mention « information postérieure ».

http://des.genealogy.net/search/show/2142748

Ce qui signifie qu’il est dès lors impossible de savoir à quel événement se raccroche cette blessure car le décalage habituel de 4 semaines n’est ici pas valable.
C’est ici que la fiche individuelle d’Ebinger, qui existe toujours aux archives wurtembourgeoise, nous apprend plusieurs éléments intéressants.



Tout d’abord, Richard Ebinger n’est pas une jeune recrue d’Ersatz inexpérimentée. Au contraire, cette homme est déjà un vétéran. Incorporé au I/JR 180 le 25 août 1914, il rejoint ensuite la 8/JR180 le 15 octobre 1914. Il y reste jusqu’au 16 mai 1915, date à laquelle il est muté dans ce qui va devenir le premier bataillon du RJR 122 : le III/bay JR 25, bataillon wurtembourgeois rattaché provisoirement au bay JR 25. Ebinger est affecté à la 7/bay JR 25 qui est engagé à Warneton.  Le 1er juillet 1915 voit la création officielle du RJR122, alors seulement à 2 bataillons. Ebinger passe le 7 juillet 1915 à la 7/RJR 122. Il est promu Gefreiter le 1er août 1915.
Ebinger fait donc partie des ces hommes d’active mutés dans ce nouveau régiment de réserve pour en constituer le noyau dur. Sa solide expérience du front, près d’1 an, devra permettre d’encadrer les hommes aux origines très diverses qui ont été affectés au II/RJR122. L’historique indique que ce bataillon compte 1033 hommes dont 384 hommes d’active, soit un gros tiers, et 114 réservistes. Les hommes de bonne valeur ne constituent donc que la moitié du bataillon, le reste est composé d’hommes des deux bans de Landwehr, (283 hommes soit un quart de l’effectif), et même de Landsturm (281 hommes de plus 32 ans qui ne devaient a priori pas combattre durant ce conflit, soit un autre quart de l’effectif). Le solde est composé d’Ersatzreservist (88 hommes) et même encore de volontaires (73 hommes) qui n’ont donc aucune expérience du combat. Le JR122 est envoyé à Noyons le 9 juillet pour permettre l’entraînement des compagnies.

Le premier engagement du régiment sur le front de Lorraine, début septembre 1915, ne permet pas d’avoir de véritable expérience du combat ni pertes.

Le RIR 122 va rester quelques semaines en Lorraine avant de prendre la route de la Champagne.


Carte montrant le secteur de défense du RIR 122 – Cartes de la seconde bataille de Champagne, septembre-octobre 1915.
Carte. Brun Georges. , 2015  source http://www.crdp-strasbourg.fr/data/histoire/1GM_combats/guerre_en_15_1.php?parent=61
Le secteur tenu par le II/RIR122, au sud de la route Somme-Py Tahure est conquis par les Français.

Les Allemands ayant détecté les préparatifs français de la grande offensive de fin septembre, des unités sont appelées en renfort. C’est le cas du RIR 122 qui arrive entre les 21 et 23 septembre au camps Kaisertreu à 3 km au nord de Somme-Py.
L’ambiance est donnée dès le départ car le convoi du I/RIR122 subit des tirs d’artillerie avant même sa gare d’arrivée.
Le 22 septembre commence la préparation d’artillerie française qui va durer 75 H. Le 24 septembre matin, le RIR122 reçoit l’ordre de monter en première ligne pour relever des unités.
La relève se fait de nuit sous le bombardement et les positions atteintes sont déjà largement défoncées.
Le I/RIR122 arrive dans la nuit du 24/25 septembre et occupe la Navarrin-Stellung et la route Somme-Py-Souain, sauf la 1K qui occupe la position avancée de la Cabanne-Stellung, à l’ouest de la route.
Arrivés dans leurs positions depuis quelques heures, le I/RIR 122 subit de plein fouet l’attaque française le 25 septembre à 10 H. L’historique lui-même ne sait pas véritablement ce qu’il est advenu de la 1K en position avancée. Aucune résistance n’est entendu, sous-entendant qu’elle a déjà anéantie par le bombardement et surtout les mines française. Les 3 autres K connaissent un destin beaucoup plus clément, les positions arrivent à être tenues avec « seulement » 10 à 12 % de pertes. Les positions tiennent également les jours suivants lors des autres offensives françaises.
Le II/RIR122 et ses 1033 hommes monte en ligne une journée plus tard, sous le bombardement le 25 au soir pour relever le RIR 17. Il s’installe près de la route Somme-Py Tahure, les 5-6 K à l’ouest et les 7-8 K à l’est. L’historique indique les hommes, dont Ebinger, trouvent une position défensive ravagée, des abris effondrés aux entrées ensevelies, des tranchées défoncées et doivent s’abriter dans les cratères d’obus. Ils subissent un nouveau feu d’artillerie dans la nuit du 25 au 26 septembre, ruinant définitivement les positions défensives. L’attaque français du 26 septembre débute vers 10H. L’historique semble également avoir peu d’info sur le sort de l’aile gauche, les 7 et 8 K, et donc de Ebinger. Il est noté que si une résistance relative a bien lieu au niveau des 5 et 6 K, « le PC du bataillon entend très peu de feux d’infanterie dans le secteur des 7 et 8 K », indiquant que la majorité des hommes sont déjà hors de combat, tués par les bombardements ou ensevelis dans les abris.
Les débris des 5 et 6 K reculent d’abord sur le Louis-Ferdinand Lager, y résistent jusqu’au soir malgré les risques d’encerclement avant de reculer sur la R Stellung au prix du sacrifice de deux sections laissées en arrière et qui ne reviennent pas.
Ebinger, qui est de la 7/RJR122 semble être un miraculé. En effet l’historique indique que « des 7 et 8 K, pratiquement personne ne revient ». Pour la 8 K, il est précisé « Cette dernière, établie sur la Fingerstellung, est anéantie par l’explosion de plusieurs mines. » L’historique indique qu’après repli, seuls 30 hommes des 5 et 6 K atteignent la R Stellung. Globalement, le 26 septembre, le II/RIR 122, qui revient au Kaisertreu Lager ne compte plus que 60 hommes et 5 officiers sur les  1033 hommes montés en ligne la veille, soit 94% de pertes ! Soit 30 hommes pour les 7 et 8 K. Si on considère que cette dernière a été anéantie, Ebinger fait partie des 10-15 % de survivants de la 7 K. Le fait qu’il soit un homme d’active est peu surprenant. Hommes âgés du Landsturm et jeunes recrues encore inexpérimentées ont dû payer dès le début un très lourd tribut aux bombardements et n’ont pas eu forcément les bons réflexes lors de l’assaut français. Mais il faut imaginer l’épuisement physique et mental de cet homme qui vient de vivre  un combat d’une intensité encore inégalée, n’a pas dormi depuis 48 H et a vu la quasi-totalité de ses officiers, sous-officiers et camarades disparaîtrent en quelques heures.
Il est donc l’un des 60 survivants du II/RIR 122.

Et pourtant, même en ayant réchappé de cet enfer, la bataille de Champagne scellera bien la fin de sa carrière militaire. En effet, après un court repos, les restes du RIR 122 remontent en ligne le 6 octobre dans le secteur du Kluck Lager dans le but de reprendre une section de tranchée restée aux mains de l’ennemie. Dans la nuit du 6 au 7 octobre, le régiment couvre le flanc droit du III/JR 184, chargé de reprendre la tranchée perdue. Le 7, le RIR 122 relève l’IR 78 dans le secteur du Sachsenlager. C’est manifestement lors de cette couverture nocturne ou de cette relève, deux opérations présentant de bien moindres dangers que les combats de fin septembre que Ebinger est victime d’un obus. Sa fiche est explicite : Le 7 octobre, il se retrouve au Feldlazarett 4 de la 50  ID car il a été blessé à Somme-Py du fait d´ une détonation d´obus qui lui a crevé les tympans. La blessure, bien qu’indiquée comme légère dans les VL, est néanmoins suffisamment grave pour qu’Ebinger ne revienne plus dans le RJR 122 ni, a priori, ailleurs.

Il n’est pas possible de savoir ce qu’est devenu son casque : l’a-t-il perdu lors de sa retraite chaotique le 26 septembre ? A-t-il été restitué aux Kammers lors de sa blessure ? Dans tous les cas, il est parvenu jusque nous.
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crav19

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MessageSujet: Re: Casque du Gefreiter Richard Ebinger,    Mer 3 Jan 2018 - 20:00

Bonsoir,
Connaitre l'histoire de ses objets....le top du collectionneur
Cdt
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Rheinbaben

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MessageSujet: Re: Casque du Gefreiter Richard Ebinger,    Mer 3 Jan 2018 - 21:44

Bonsoir Francois,

Du Grand-Art dans la recherche! Bravo et merci pour ce partage!!!
Enfin une présentation d´objet méritant ce nom, avec une finesse d´esprit que l´on aimerait voir plus souvent!

Rheinbaben
/biere/
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Thierry70

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MessageSujet: Re: Casque du Gefreiter Richard Ebinger,    Mer 3 Jan 2018 - 21:50

Bonsoir,
Belle pièce avec sa page d'histoire ce qui donne un très beau cachet!
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LeXav

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MessageSujet: Re: Casque du Gefreiter Richard Ebinger,    Mer 3 Jan 2018 - 22:02

Bonjour

Chapeau pour la recherche ! bravo2/
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CLOVIS 57

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MessageSujet: Re: Casque du Gefreiter Richard Ebinger,    Jeu 4 Jan 2018 - 0:50

festwagner a écrit:
Voici un casque wurtembourgeois blanc
Les grands collectionneurs auront naturellement tiqué sur la présence de clous de pointe à vis, ce qui n’est pas conforme.
atable Laughing une curiosité comme je les adore... /super/ bravo2/
/biere/
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festwagner

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MessageSujet: Re: Casque du Gefreiter Richard Ebinger,    Ven 5 Jan 2018 - 14:15

Merci ! Reste plus qu'à trouver le CC qui aille avec !
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MessageSujet: Re: Casque du Gefreiter Richard Ebinger,    

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Casque du Gefreiter Richard Ebinger,
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