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 Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15

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Rheinbaben

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MessageSujet: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Ven 30 Mar 2018 - 20:22

Bonsoir,

Laissons d´abord le Lieutenant Fernand Basty ("Les Parias de la Gloire") décrire la vision d´horreur dont il fut le témoin oculaire lorqu´il accompagna le 7.6.1915 un groupe d´officiers francais dans les anciennes tranchées de première ligne allemandes sur le plateau de Quennevières (Moulin sous Touvent), prises d´assaut la veille de manière particulièrement sanglante:

" L´ordre d´aller parcourir les tranchées conquises en compagnie du colonel Petit me fit grand plaisir: il allait permettre d´examiner de près les effets d´un "kolossal" bombardement de 60000 projectiles que nous avions infligé aux Boches, du cinq juin 18 heures au six juin à 10 heures 15...Dès l´aube du 7, nous quittions notre première ligne et nous nous engageons dans une très longue sape russe, véritable ouvrage d´art.
Ce tunnel aboutit dans un étroit boyau qui court et remonte péniblement, la ligne de plus grande pente d´un ravin. Hélas, de nombreues taches kaki et bleu horizon, près desquelles scintille le reflet d´une baionnette, marquent les tombes de nos héroiques zouaves et tirailleurs!

Nous arrivons bientôt dans la première ligne allemande.
Figurez-vous un sillon profond, haché, labouré dans tous les sens, où les objets qui furent nécessaires à la vie militaire des défenseurs, pendant huit longs mois, gisent, dispersés par endroits, réunis en tas dans d´autres, au gré des explosions ou de la fantaisie des éboulements: poutres rompues, planches déchiquetées, plaques et tôles de blindage fondues, tordues, boucliers percés, fusées, grenades et cartouches semées partout à profusion, fusils brisés, baionnettes encore rouges de sang, lambeaux de vêtements effilochés et brûlés...
Et au milieu de toutes ces choses sans nom, de tous ces engins de mort, des corps gisent- noirs déjà- les yeux dilatés par la terreur, les membres figés dans une dernière attitude de prière ou de supplication.
Ici et là, des bras et des jambes épars, des pieds nus, déchaussés par je ne sais quelle main macabre, des casques contenant encore le crâne qu´ils devaient protéger!
Si nous jetons un regard à l´intérieur des abris, un spectacle des plus terrifiants s´offre à nous.
Dans l´un, incendié par nos obus, des meubles- volés dans les fermes voisines- sont carbonisés, des cadavres, conservant encore une attitude de sommeil sont calcinés. Aux parois noircies, pendant lamentablement les défroques les plus hétéroclites: morceaux de tapisserie, franges de tenture, doublure de matelas, parements de manteaux...
Dans un deuxième, où la lutte a été dure, nous trouvons des blessés et des morts: tous ont la poitrine traversée par nos baionnettes!
Un troisième, nous montre l´horrifiant spectacle de l´étouffement: un éboulement de terre, ayant obstrué l´étroit soupirail de la caverne où ces "braves" se cachaient pendant nos bombardements, a causé la mort de quinze pionniers. Leurs cadavres gisent, étendus dans des contorsions atroces...

Nous fuyons ces lieux maudits, mais la tranchée conquise, implacable continue son macabre et sinistre enseignement.
Ici des mines ont sauté!
Au milieu de terres fraîchement remuées, des têtes, des jambes, des bras hachés, des équipements déchiquetés et des armes broyées apparaissent!...
Plus loin, nous nous arrêtons, muets d´horreur: un sapeur du Füsilier Regiment 86 est mort enlisé, enterré jusqu´au cou. Sa tête énorme, boursouflée émerge seule. Ses yeux exorbités et sa langue tuméfiée, hideuse sont déjà la proie des mouches et des vers!...

À côté de ces visions d´épouvante, le riche butin qui gît au milieu des boyaux ne compte pas.

La vue des poses affreuses et des convulsions dernières des morts, des vols des myriades de diptères, aux casaques vert-doré, qui aspirent un sang déjà visqueux, des flots de larves qui pénètrent les yeux, les oreilles, les nez, la bouche des cadavres, n´est rien encore, comparativement aux odeurs de chairs décomposées ou brûlées, de sang corrompu, mêlées aux relents des excréments, aux âcretés de la poudre et de la fumée qui, sous ce soleil de plomb, montent...lentement de la tranchée conquise!

Il faut avoir senti, sur un front de plus d´un kilomètre, les émanations qui s´exhalent de ce charnier humain, pour comprendre le malaise profond qui s´empare, alors de vous.
Ah! Qu´elle est atroce et tenace cette odeur du champ de bataille: elle vous pénètre, vous imprègne, vous poursuit, vous empoisonne le corps et l´âme!..."


Voici deux reliques, deux casques à pointe du IIIème Bataillon du Füsilier Regiment 86 (Régiment de la Reine), sortis en l´espace de quelques jours, tous les deux nominatifs dans la visière, dont les porteurs se sont éventuellement rencontrés, vus, croisés au détour d´un boyau ou dans la profondeur d´un abri, lors de cette journée cauchemardesque du 6 juin 1915. L´un des soldats faisait partie de la 9/FR86 et devait enfin relever avec la 10/FR86 les deux autres compagnies du même bataillon. L´autre soldat (11/FR86) se terrait avec ses camarades de la 12/FR86 depuis dix jours dans les premières lignes, étant la proie des mines, des obus, de la soif, du manque de sommeil, criant à la relève....Relève qui eu enfin lieu à l´aube du 6 juin, lors d´une accalmie, qui ne fut que de courte durée, le bombardement francais précédant immédiatement l´assaut, redoublant alors d´intensité, bloquant tout mouvement vers les secondes lignes et verrouillant ainsi les 4 compagnies dans un paysage défoncé....Le destin de ces 1000 fantassins allemands du III/FR86 fut alors bientôt scellé, lorsque 10 bataillons francais (10000 hommes) sous les ordres du Général Nivelle, des zouaves, des tirailleurs algériens, des Bretons et des Vendéens se ruèrent en 3 vagues successives dans la position centrale allemande tenue par le III/86, large d´à peine un kilomètre, fermement décidés à ne pas s´embarrasser de prisonniers...Les I et II/FR86 placés respectivement au nord et au sud du III/86 furent dans l´impossibilité de venir rapidement en aide à leurs camarades, l´assaut francais ayant été extrêmement foudroyant.







Le casque de gauche a appartenu à Rudolf AURICH, 11/86, blessé et faisant partie des 250 prisonniers lors de cette journée du 6.6.15, un tout jeune gars de 18 ans. Il recu les premiers soins par un brancardier du Morbihan, qui lui pris son casque en souvenir. Casque sorti récemment de la famille du poilu, devenu pharmacien en Bretagne après la guerre.

Le corps du porteur du casque de droite, Ernst-Erich LENZ (9/86), fait partie des 600 dépouilles mortelles des 1000 hommes du III/86 qui n´ont jamais été retrouvées ni inhumées. Il est à ce jour encore porté disparu, ses ossements jonchant peut-être encore l´ancien champ de bataille. La jugulaire se trouve encore en position de combat, intouchée depuis plus de 100 ans. Vraisemblablement un funeste trophée récupéré à même la tête du pauvre soldat par un poilu des troupes de ravitaillement bretonnes et vendéennes qui eurent la tâche d´aménager le terrain conquis et d´approvisionner les combattants dans les heures suivant l´assaut. Casque sorti récemment dans la région de Tours.

Comme il se doit pour ce régiment prussien autorisé à porter le Haarbusch, les deux pointes sont dévissables:



Dans les posts suivants, l´attention sera d´abord portée sur les détails de chaque casque et les données de leurs porteurs respectifs.

Ensuite, à l´aide de l´excellent ouvrage de Rémi Hébert (La Ière de Nivelle), se basant sur l´étude des JMO et historiques francais ainsi que de l´historique allemand du FR86 et d´un ouvrage danois relatant les témoignages des "Malgré-Nous" du Nord-Schleswig (danois germanisés, particulièrement nombreux au III/86), nous analyserons la genèse de cette violente bataille encore assez méconnue, la bestialité peu commune de son déroulement,  ainsi que les suites et conséquences de ce minuscule gain de terrain.

Rheinbaben
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Elgo

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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Ven 30 Mar 2018 - 20:56

Merci pour cet excelllent post (que j'attendais avec impatience bounce )

Elgo
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titi

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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Ven 30 Mar 2018 - 21:00

Salut !

Merci pour ces écrits..! Sacré scène d horreur ! j en avais déjà lu, mais, là elle est assez détaillée...

En tous les cas, de jolies pièces, avec l histoire qui va avec !

thierry
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LeXav

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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Ven 30 Mar 2018 - 21:10

Bonsoir,

Terrifiant en effet ....
Merci de ce récit /tresbien/
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95deligne

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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Ven 30 Mar 2018 - 21:15

bonsoir ,

deux belles coiffures pour courante /super/ /super/

avec l'histoire qui va avec /tresbien/


je dis bravo

/biere/

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peguy

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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Ven 30 Mar 2018 - 22:04

Bonsoir Philippe

Epoustouflant............on ne peut pas s'imaginer de l'horreur...
Même les plus guerriers sont retournés...une bonne leçon pour les va t'en guerre .....(surtout quand il la font par procuration...)

/merci/ /merci/
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blagapar



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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Ven 30 Mar 2018 - 22:09

Très belles pièces !!!
/biere/
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crav19

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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Sam 31 Mar 2018 - 10:22

Bonjours,

Très bon post , émouvant mais pas surprenant , la guerre, dans toute son horreur , est encore présente aujourd'hui , rien n'a changé sinon que les combats de ce type se sont éloignés .

J' attend la suite qui devrait être plus technique .

Merci
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Rheinbaben

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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Sam 31 Mar 2018 - 12:25

Bonjour,

Des détails du premier casque porté par Erich-Ernst LENZ, 9/FR86, né en Silésie le 1.12.1893 à Kornelinow, petit village de la province de Posen, dépendant aujourd´hui de la ville de Szubin, dans la zone limitrophe des anciennes provinces de Poméranie, Silésie et Prusse occidentale.

Il est d´abord mentionné comme étant en captivité:

http://des.genealogy.net/search/show/341695

En 1916, une seconde publication de la liste des pertes le mentionne comme disparu, il n´y a plus aucune trace de lui:

http://des.genealogy.net/search/show/3542441

La liste de tous les disparus corps et biens du FR86 lors de cette bataille de Quennevières. 600 noms sans sépultures...LENZ y est mentionné:

http://des.genealogy.net/search/show/9346283

Parallèlement, sur le site de la Croix Rouge, on trouve aussi une fiche d´enquête suite à la disparition avec une personne à prévenir, un certain Reinhold Ludwig, domicilié à Nindorf, un petit village situé près de la ville de Neuhaus an der Oste, sur la rive sud du fleuve Elbe, en face du Schleswig-Holstein. LENZ a du y être domicilié en tant qu´artisan ou travailleur agricole avant la guerre. Né en 1893, il débuta donc très vraisemblablement son service d´active de deux ans à la 9/FR86 de Sonderburg (aujourd´hui Sonderborg au Danemark) en octobre 1913 et parti directement au front en août 1914. Ce Reinhold Ludwig était peut-être son employeur.



























Le marquage du FR86 est encore bien lisible, mais pas de date de régimentation ni de bataillon...À première vue...



Mais en humectant le cuir, comme de l´encre magique, le marquage IIIB ressort bien, la peinture blanche entre temps disparue ayant tout de même imprégné la texture de surface du cuir pour toujours. La date de régimentation à gauche du marquage de bataillon ne ressort malheureusement pas de manière claire, je crois cependant voir à l´oeil nu la date 1913




Le nom LENZ très finement gravé dans le cuir, uniquement lisible par vue de travers avec source de lumière oblique:



À suivre après Pâques...Cela risque de devenir un post assez long...

Rheinbaben
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FRED. M

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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Sam 31 Mar 2018 - 20:36

Bonsoir,
Bravo pour vos sujets qui relient l'histoire avec les objets et reconstituent leurs mémoire tragique. Travail admirable! Merci beaucoup!
Frédéric
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anzac

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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Sam 31 Mar 2018 - 20:50

Bonsoir,
Belles trouvailles que ces 2 casques du III B. FR86 et témoignage poignant...
J'ajoute cette relique du même bataillon, mais 11.Kie, qui vient du terrain, près d'Esternay dans la Marne, où le FR86 s'est battu début septembre 1914.
l
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Rheinbaben

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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Dim 1 Avr 2018 - 21:43

Bonsoir,

Et voici les photos détaillées du second casque ayant été porté par Rudolf AURICH, 11/FR86, blessé et fait prisonnier cette journée du 6.6.15.
Il est né le 15.5.1897 à Lodz (Pologne centrale), venait juste d´avoir 18 ans lors de sa capture. 











Nous sommes là en présence d´un très vieux casque, régimenté la première fois au IB en 1899 et repassé 14 ans plus tard, en 1913, à la MGK du régiment. Il a été déclassé trois fois en garniture moindre. Il n´est pas marqué au IIIB. Rudolf AURICH, vu son très jeune âge à la mobilisation, n´a pas fait partie des toutes premières recrues partant au front. 
L´historique du FR86 mentionne que le régiment recu ses toutes premières recrues d´Ersatz à la fin du mois de septembre 1914, un millier de jeunes soldats, pour combler les énormes pertes lors des Bataille de la Marne et de l´Ourcq, se montant environ à également environ 1000 hommes (blessés, morts aux combats, disparus et prisonniers). 
L´historique précise que ces recrues étaient extrêmement jeunes: outre des Kriegsfreiwillige (volontaires), des étudiants, des séminaristes, des écoliers (!) ainsi que de très jeunes artisans et paysans, qu´ils n´avaient bénéficié que d´une très brève formation militaire de 4 semaines à l´Ersatz-Bataillon du FR86 et qu´ils se distinguaient surtout tous par la grande naivité et leur optimisme sans limite relatifs à leur très jeune âge... Il ne fait aucun doute qu´AURICH fit partie de ce premier Ersatz qui débuta donc sa formation accélérée à la fin du mois d´août 1914. Ces jeunes furent alors dotés de l´équipement encore disponible au sein des Kammer des 3 bataillons et de la MGK, des vieilles garnitures comme ce vieux casque de plus de 15 ans de service qui trainait encore au dépot de la MGK. 





Le nom est appliqué en grandes lettres majuscules, de manière assez maladroite, rappelant un peu celle d´ un enfant qui vient juste d´apprendre à écrire...Il n´y eu qu´un seul et unique soldat portant ce nom au FR86 pendant toute la guerre.




Il est d´abord porté disparu lors d´une première publication des VL:

http://des.genealogy.net/search/show/342514

Dans une seconde publication de février 1916, il est mentionné comme étant en captivité:

http://des.genealogy.net/search/show/3705924

Et en effet, le site des prisonniers allemands de la Croix Rouge confirme parfaitemenmt cet état de fait:



Interné à l´hopital de Belle Île, fin juin 1915 (2ème nom à partir du haut):



Muté à Casablanca le 29.10.15 (3ème nom à partir du bas):


Le 29.9.16, il débarque à Carpiagne (4ème nom à partir du haut):


Le 19.10.16, il arrive à Orléans (4ème à partir du bas):


Le 1.12.16, il est muté à Montargis (5ème à partir du haut):


Et finalement à Cherbourg, le 30.9.17 (4ème à partir du bas):



Rheinbaben
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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Dim 1 Avr 2018 - 21:51

Bonjour

Etonnant comme ce prisonnier a voyagé.... je ne pensais pas qu'une fois dans un camp, on les faisait bouger de la sorte.
Intéressant parcours, et merci à toi de nous le faire partager /tresbien/
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Rheinbaben

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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Lun 2 Avr 2018 - 16:25

La situation avant l´assaut du 6 juin 1915

Le FR 86 s´installa sur le plateau de Quennevières début octobre 1914, juste en face de la Ferme Quennevières occupée par les Francais, position gênante pour les Allemands, qui n´avaient pas jugé nécessaire de solidifier cette position quelques semaines auparavant. Les Francais s´en étaient alors emparé et avaient fortifié cette position clé.

Une carte francaise montrant les trois premières lignes allemandes (en bleu) et les positions francaises en rouge:


Une carte allemande avec les boyaux d´accès reliant l´arrière du front avec les premières lignes. Ces boyaux portent tous le nom de villes allemandes du Schleswig-Holstein, du nord au sud, comme dans la réalité géographique. 
Le III/FR86 occupait la position centrale entre le "Sonderburger Weg" et le "Schleswiger Weg", formant un éperon dans les lignes francaises, dénommé "Soltau-Eck", une position particulièrement bien défendue. En tout, une vingtaine de sapes avec autant d´avant-postes formaient des tentacules vers les lignes francaises. Le I/FR86 était au nord du "Sonderburger Weg", le II/86 au sud du "Schleswiger Weg".



Un de ces profonds boyaux, le "Flensburger Weg":



Les positions allemandes sur le plateau étaient adossées à un ravin longeant ces positions du nord au sud: le ravin du Martinet, pour les Allemands "Schleswiger Tal" ou "Mouliner Schlucht". Ce ravin était utilisé comme zone de repos mais également comme lieu de préparatifs et de rassemblement avant de monter dans les premières lignes. Une batterie de 77 du FAR 45 s´y trouvait également, tout comme le cimetière du FR86.

Une photo de ce ravin:


Le cimetière du FR86:


L´état des tranchées que trouvèrent les hommes du FR86 était un désastre complet. Les tranchées et les abris étaient remplis d´eau,aucun caillebotis dans le fond des boyaux. Les soldats étaient dans la boue jusqu´aux genoux, comme le montre ce cliché d´octobre 1914 dans une tranchée à Moulin sous Touvent.



Les parois des tranchées s´effondraient après chaque pluie, transformant le fond des tranchées en un mélange argileux dans lequel les soldats perdaient leurs bottes. Aucun abri de disponible pour garder les armes et les munitions au sec, aucun réseau de barbelé digne de ce nom pour protéger les premières lignes. L´approvisionnement des troupes dans les tranchées durait une heure au lieu d´une dizaine de minutes, les repas étaient consommés froid. Les munitions ne passaient plus dans les fusils à cause de la croûte de boue, l´équipement (manteaux, havresacs) pesait le double de leur poid normal. 
Les Francais semblaient aussi avoir le même type de problème car le front restait assez calme, bien que les lignes ne soient distantes que de 60 mètres. Seule l´artillerie francaise arrosait régulièrement les tranchées allemandes, causant de nouveaux éboulements qui étaient réparés dans la nuit suivante, pour être de nouveau détruit le lendemain...
Ce n´est qu´en février 1915 que les positions allemandes prirent lentement une autre tournure. Le temps devenu sec, les travaux purent vraiment commencer. Des nouveaux réseaux de barbelés furent installés la nuit, de nouveaux abris plus profond furent creusés, un système d´évacuation des eaux fut installé sous les caillebottis, tous les 5 mètres.









La Königin-Hölle (grotte de la Reine):


La carrière de Moulin:


Les mois d´avril et de mai 1915 sont essentiellement marqués par une guerre de mine locale, juste en avant du "Soltau-Eck". Les Allemands se rendirent rapidement compte que l´artillerie francaise était particulièrement active lors des relèves, lorsque les tranchées étaient remplies d´hommes. Les Francais devaient donc avoir des postes d´écoute sous leurs tranchées, voire peut-être même des galeries de mine. De plus, à la jumelle, il était très visible que de nombreux tas de terre naissaient chaque matin aux environs de la Ferme de Quennevières. Les Allemands se mirent donc également à creuser et tombèrent en effet le 11 avril sur une galerie francaise qu´il purent encore faire sauter à temps, après une courte fusillade souterraine avec les sapeurs francais. Celà se reproduira le 2 juin avec une action similaire. Malgré tout, les Francais réussirent à faire exploser quelques fourneaux de mine au niveau des avant-postes allemands dans les semaines qui suivirent.

Du côté francais, l´offensive d´Artois lancée le 9 mai 1915 se révèle être un échec après une semaine de combat. Ni Souchez, ni Neuville Saint Vaast n´ont pu être pris à l´ennemi. Joffre décide alors de lancer une offensive dans un autre secteur afin d´empêcher les Allemands de masser leurs réserves en hommes et en artillerie en Artois. Après un entretien avec le général Dubois, chef de la VIème Armée, ce dernier convaint Joffre de lancer une violente attaque en Picardie, dans le secteur de Quennevières. Aucune autre proposition n´est faite....La responsabilité de l´ensemble est confiée au général Ebener, mais la responsabilité opérationelle sera totalement aux mains de Nivelle. Bien que n´ayant le commandement que sur une seule brigade (121ème), une seconde brigade (73ème) provenant d´une autre division lui sera tout de même mise à disposition, sans aucune concession. L´objectif est d´enfoncer le front du plateau de Quennevières sur quelques centaines de mètres de profondeur sur sa partie centrale, au delà du ravin du Martinet, sur une largeur de 1100 mètres, afin de prendre les troupes voisines à revers.

L´attaque étant prévue pour le début du mois de juin, dès le 19 mai, les intensifs travaux de préparation sont mis en marche. Une tranchée couverte est aménagée derrière les premières lignes pour servir de place d´armes. Six boyaux sont creusés pour relier l´arrière du front aux premières lignes, devant permettre une montée au front rapide de plus de 10000 hommes dans un espace temporel très court. Des apes sont creusées directement devant les lignes allemandes pour permettre d´y déboucher rapidement lors de l´attaque. Un boyau ras en guise de parallèle de départ, dans lequel les soldats ne peuvent se tenir qu´à genoux est creusé à 50 mètres devant les premières lignes pour que le maximum de troupes puissent attaquer frontalement. Une vingtaine d´escaliers sont aménagés dans les premières lignes pour laisser chacun le passage à 300 hommes en un bref laps de temps. Un matériel immense est amassé afin de pouvoir aménager les tranchées de l´ennemi une fois conquises: 6000 sacs de terre, 2000 gabions pliants, 1200 pelles, 600 pioches, 40 périscopes, des barbelés, du matériel pour fortifier et réparer les abris et les tranchées (poutres, planches, plaques blindées, tôle ondulée).

Les Allemands ne sont naturellement pas dupes et ont remarqué cette activité. Ils savent qu´une attaque semble être imminente et ils savent où. Les tirs d´artillerie et de mortiers s´accentuent de jour en jour, atteignant d´abord le 4 juin leur point culminant, détruisant les tranchées, transformant les abris en poste de secours. Il est pratiquement impossible de circuler dans les tranchées. La nuit est remplie de bruits de chariots, de wagons, de moteurs. Ils percoivent aussi les bruits des sapeurs francais qui creusent partout en avant de leurs lignes.

Deux compagnies du III/FR86 sont isolées dans le secteur central, celui qui est particulièrement bouleversé par l´artillerie francaise. Ce sont la 12/86 et la 11/86 de Rudolf AURICH. Privés de sommeil, ils doivent sans cesse essayer de réparer les tranchées éboulées chaque nuit, de délivrer leurs camarades dans les abris effondrés. La chaleur de ce début de mois de juin 1915 est torride, plus de 30°C, le manque d´eau est chronique. Ces deux compagnies crient à la relève. La nuit du 5 au 6 juin étant d´un coup devenue très calme, et le Kommandeur du FR86 songea un moment à enfin autoriser cette relève, mais lorsqu´il fut remarqué que les Francais dégageaient l´avant de leurs tranchées, juste en face de la 12/86, le signe d´une attaque imminente pour le 6 juin, la relève fut de nouveau catégoriquement interdite.

Les premières heures de l´aube du 6 juin restèrent extrêmement calmes. Un brouillard matinal recouvrait encore le futur charnier. Le Kommandeur du III/86 décida alors de manière totalement autonome, sans demander l´autorisation du régiment, de faire relever les 11 et 12/86 par la 10 et la 9/86 de Ernst-Erich LENZ.
Les 9 et 10/86 sont déjà dans les premières lignes, les 11 et 12/86 s´apprêtent juste à les quitter, c´est à ce moment précis, à 6 heures du matin (5 heures, heure francaise), qu´un déluge de feu et de fer s´abat une nouvelle fois sur ce secteur, blessant et tuant net tous ceux qui sont encore à découvert dans les tranchées, enfouissant vivant ceux qui se cachent dans les abris. Les deux compagnies de relève sont pratiquement anéanties avant d´avoir pu tirer un seul coup de feu.Toutes les liaisons avec l´arrière et avec les deux autres bataillons du FR86 n´existent plus. Le brouillard se lève lentement, un soleil de plomb se met à briller sur le plateau recouvert de feu et de fumée. Cette  journée est un dimanche, la journée qui restera la plus funeste pour le FR86 pendant la totalité de la guerre.

Les Francais allongent le feu, coupent toutes les liaisons, même le ravin du Martinet n´y échappe pas. Il est recouvert d´une épaisse fumée noire. À 8 heures (heure allemande), le feu d´artillerie devient un feu roulant, pendant une heure de suite, on ne distingue plus les coups de départ de l´éclatement des obus. Puis une pause d´un quart d´heure, après laquelle le déluge recommence de plus belle. À 11 heures (heure allemande), le feu se concentre uniquement sur l´arrière. Les quelques survivants des premières lignes savent maintenant que l´assaut va être imminent....La masse des assaillants fait alors son apparition dans les tranchées bouleversées, de manière foudroyante....Ce sont des Zouaves, des Tirailleurs Algériens, des Bretons et des Vendéens.

Tel était l´ordre de bataille des troupes francaises à l´aube du 6 juin 1915:



Quatre bataillons forment la première vague. Ils ne doivent pas s´attarder dans les premières lignes allemandes mais pénétrer aussi loin que possible, dans les troisièmes lignes et éventuellement s´emparer du côteau ouest du ravin du Martinet. Deux compagnies et demi de génie les acompagnent pour les premiers travaux de retournement de tranchées et de consolidation des abris encore intacts.
La seconde vague formée de deux bataillons a le terrible rôle de nettoyer les lignes conquises, d´arpenter chaque mètre de tranchée en abattant tous les Allemands osant se redresser, à la grenade, à bout portant, à la baionnette, au couteau, à la matraque,  visitant ensuite systématiquement chaque abri encore intact, y jetant des paquets de grenades en embrochant ensuite les blessés à coup de baionnette.
La troisième vague de 4 bataillons doit ensuite occuper les lignes conquises.
Les tranchées de départ francaises sont alors immédiatement occupées par 4 bataillons qui approvisionneront les troupes combattantes dans les anciennes lignes allemandes et qui aménageront de nouveaux boyaux d´accès vers la nouvelle ligne de front. Lors de ces travaux, il ne sera pas perdu de temps à inhumer et identifier les soldats allemands tombés au combat, leurs corps serviront à élever les parapets et seront "inclus" dans les parois des boyaux, leurs membres dépassant encore ici et là...

À 10 heures 15 (heure francaise), le coup de boutoir est donc amorcé par deux bataillons de Zouaves, un bataillon de Tirailleurs Algériens et un bataillon d´infanterie breton. Les Zouaves portent tous un sac rempli de grenades et un carré d´étoffe blanche sur le dos afin de permettre à l´artillerie de constater leur avance sur le terrain:



Les trois première lignes sont conquises en l´espace de seulement 25 minutes. Le nettoyage des tranchées bat son train, les Zouaves et les Tirailleurs excellent à manier la baionnette. L´historique du FR86 ne mâche pas ses mots:" Les nettoyeurs commencent leur "travail". Les Zouaves, la moitié d´entre eux des Africains, l´autre moitié la déjection des grandes cités, sont assoiffés de sang. Poignards, baionnettes et grenades exécutent leur ouvrage sanglant"

À un endroit, un Lieutenant de Zouaves est tué lors de l´attaque d´un ouvrage. Ses hommes massacrent ensuite chaque occupant allemand. 
Dans les tranchées, les cadavres sont piétinés. Les Allemands sont pris au piège dans les abris. Ils percoivent les cris du massacre qui se déroule dans les boyaux.  Certains sont plus courageux et sortent des abris, ils sont exécutés à bout portant. Des grenades sont ensuite lancées dans le gouffre des abris. Les Allemands se serrent contre les parois, se réfugient dans les derniers coins des abris pour échapper aux éclats. Ceux qui restent indemnes ou ne sont que légèrement blessés attendent d´entendre une voix parlant un francais parfait les semant à se rendre, un sous-officier ou un officier...Surtout ne pas tomber aux mains des "Neger" et des "Turkos". (Les Allemands appelaient "Neger" tous les soldats francais qui avaient la peau plus foncée, Algériens, Marocains ou Sénégalais. Le nom "Turkos" avait été donné par les Russes aux Tirailleurs Algériens lors de la campagne de Crimée, les prenant de manière erronée pour des Turcs. Les Allemands ont ensuite repris cette appellation).

De ce fait, environ 250 prisonniers sont envoyés sur l´arrière. Rudolf AURICH de la 11/86 eu cette chance inouie. La 11/86 ayant été relevée par la 10/86 dans le secteur du "Flensburger Weg", cette zone fut essentiellement conquise par les soldats bretons du 6/264, qui ont pu faire preuve d´un peu plus d´humanité que les troupes d´Afrique. Et effectivement, c´est un brancardier breton qui s´est occupé d´AURICH et qui lui pris son casque en souvenir.
Quant à Ernst-Erich LENZ de la 9/86, il releva la 12/86 dans le secteur plus exposé  au nord du "Sonderburger Weg", là où le premier bataillon du 2ème Zouave perca le front, suivi des "nettoyeurs de tranchée" du 11ème bataillon du même régiment de Zouaves. Il fut très certainement la victime d´un tel combat au corps à corps, son casque ensuite arraché sur ses restes mortels...

Les tranchées allemandes jonchées de cadavres après le combat. Plus aucun d´entre eux ne porte un casque...[/b]




Un Zouave sans sépulture:


Voici un témoignage de Hans Petersen, un danois-germanisé au sein du FR86, relatant la circonstance de sa capture:

"Tout à coup, plusieurs Français se trouvèrent en face de nous avec leurs baïonnettes et nous firent comprendre que nous devions les suivre dans leurs tranchées. Juste devant nous, notre artillerie avait commencé à riposter et nous devions passer à travers de ce rideau de fer et de feu. Ce fut une de mes sensations les plus effrayantes de courir impuissant dans notre propre feu d'artillerie. À moitié fou et chassé, je sautais d´un trou d´obus dans un autre.

Juste avant de sauter dans la tranchée ennemie, un Sénégalais a commencé à nous injurier . Une panique a éclaté et nous avons fui tous à droite, suivi de plusieurs balles. C´est á ce moment que mes camarades Thomas Petersen et Nis Abrahamsen sont tombés. Un peu plus loin, nous avons alors sauté dans la tranchée  francaise. J'étais l'un des derniers et on m'a ordonné de prendre un de leurs blessés sur mon dos et de le porter là où il pourrait être soigné. Il avait mal à la tête. Le sang lui coulait de la bouche et du nez sur mon dos.

Puis nous sommes arrivés à l'endroit où la tranchée était pleine de ces  sauvages du sud, des "Neger" et des "Türkos".  Ils étaient furieux contre nous et ont laissé libre cours à leur colère de toutes les manières possibles. Ils nous ont poussé et craché en plein visage, ils nous ont frappés avec les crosses de leur fusil. De ce fait, nombre d´entre nous ont dû être envoyé au poste de secours. Ils ont pris nos casques et nos Mütze et nous arrachèrent les boútons et les pattes d´épaules de nos tuniques.

Ils m'ont aussi volé ma montre, mon argent et d'autres choses. J'ai levé la main et j'ai supplié de pouvoir garder la montre. Mais l'âne noir saisit alors sa baïonnette avec un sourire effrayant sur les lèvres rouges et boursouflées entrouvertes, montrant ainsi ses dents blanches, pendant qu'il me jetait un regard de haine mortelle. 

Nous avons été menés à travers de longues tranchées, toujours persécutés par ces bêtes sauvages de "Neger". Derrière une petite forêt, nous avons été photographiés, tandis qu'un éclat de shrapnell a explosé juste au-dessus de nous. Dans une grotte, nous avons de l'eau à boire, puis nous avons continué notre cheminement.

Dans la première ville que nous avons traversée, les habitants français nous ont menacé et craché dessus.  Nous étions au total environ 200 hommes et 2 officiers. Dans une forêt où nous nous sommes reposé, certains de nous ont été interrogées par les officiers français. Puis nous sommes arrivés dans un château où nous avons été enfermés dans une cave. 

Après avoir été l'objet d'une enquête approfondie et que tous les papiers et les portefeuilles nous aient été confisqués, nous avons été placés dans en colonne, gardés par des cavaliers arabes, sinon la population nous aurait attaqué.... Nous avons défilé devant un officier supérieur, un spectacle amusant pour la population, en particulier la vue de ceux d´entre nous qui étaient blessés. L'un d'entre nous marchait avec les deux bottes en main, un autre ne pouvait plus sautiller que sur une seule jambe. Nous avons été la risée des spectateurs.

Quand nous sommes arrivés au poste de secours, nous avons été pris sous traitement médical. Seulement maintenant j'ai réalisé que j'avais recu un coup de baïonnette dans le côté gauche alors que je m´étais jeté au fond de la tranchée pour éviter une grenade. La plaie était juste au-dessus de la côte inférieure, heureusement, pas profonde. 

Après avoir été bandagés, nous avons été agréablement surpris de chacun recevoir un sandwich, ce qui était la seule chose que nous devions manger ce jour-là. Ensuite, nous nous sommes allongés dans la paille pour y dormir. Il fallait faire attention à ce que la paille n´entre pas en contact avec nos pansements pour ne pas risquer une infection.

La satisfaction et le bonheur d´être en vie m'ont fait dormir d´un sommeil profond inimaginable. Par rapport aux tranchées, c´était ici un paradis."


L´attaque francaise:




Zone de terrain conquis par les Francais au soir du 6 juin 1915:



Les Zouaves et Tirailleurs Algériens dans les tranchées conquises et retournées:


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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    Lun 2 Avr 2018 - 18:08

Bonjour,

Excellente synthèse de ces furieux combats de juin 1915.
Ce matin encore, je suis passé à proximité de ces lieux tragiques (Offemont, Tracy le Mont).
Aujourd'hui, hormis le cimetiere de Nampcel, plus grand chose ne rappelle ces événements.

Elgo
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MessageSujet: Re: Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15    

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Deux casques nominatifs du FR86, témoins de l´enfer de Quennevières, 6.6.15
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