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 Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914

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Rheinbaben

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MessageSujet: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 15:22

Bonjour,

Voici un ensemble ayant séjourné pendant 3 générations dans les foyers d´une famille de Foucharupt, aujourd´hui un quartier de Saint-Dié au pied du massif du Kemberg et de la côte Saint-Martin. Un ensemble ramassé en septembre 1914 par le grand-père après la débâcle des troupes württembergeoises et de leur repli stratégique à l´est de la Meurthe, suite à la défaite de la Marne.
J´ai eu l´occasion de le récupérer en main propre en novembre dernier auprès d´un membre de la région, il se reconnaitra Wink

Cet ensemble est complet, nominatif et a été heureusement assez bien stocké pendant la dernière décennie. De par ses nombreux petits détails, on peut y lire, comme dans un livre ouvert, son histoire d´avant 1914, sa brève histoire du temps de guerre et même l´histoire de son long stockage d´après guerre.

Il a été retrouvé avec son CC M92 monté d´origine à l´envers sur le casque, une opération de fortune mais cependant effectuée très proprement en campagne par le porteur, comme certainement beaucoup d´autres ensembles qui n´ont pas subsisté dans le temps. Opération certainement pas effectuée par respect du décret ministériel du 19 août 1914 (suppression des chiffres rouges), mais tout bonnement une simple réaction logique aux nombreuses blessures à la tête du tout début de guerre, causées par les chiffres rouges trop voyant sur les Überzüge, les tireurs francais prenant un malin plaisir à les prendre pour cible avec reconnaissance....Bref une simple question de survie et d´adaptation aux conditions de campagne, comparable, plus tard, à l´ablation des pointes de casque fixes sur le terrain pour les mêmes raisons, ce qui fut l´origine de l´ordre de fabrication des M15.
L´action avait lieu sur le terrain, la réaction au cabinet ministériel et non l´inverse comme beaucoup pourraient encore le croire.  Wink  study











La pointe du CC n´a jamais connu de renfort en cuir. Il n´en reste aucune trace, aucun résidus dans les recoins ni aucune couture. Ce critère particulier a déjà été rencontré sur d´autres CC M92 dans des collections très honorables. Les 4 crochets sont en maillechort. Leur retournement ne date pas d´hier, est fait très proprement et la trame du tissu sous-jacent est parfaitement marquée par la pression et par la légère oxydation du métal sous chaque crochet:







Certains bons observateurs parmi vous auront déjà remarqué qu´un seul crochet n´est pas (ou plutôt n´est plus) retourné Very Happy Ou mieux: re-retourné Very Happy Ce petit détail qui pourrait irriter (et m´a sacrément irrité au départ) est loin d´être un hasard ou une oeuvre blasphémique qui aurait pu résulter d´un début de tentative de re-retournement de tous les crochets dans leur position initiale afin que l´ensemble en jette plus avec les beaux chiffres rouges sur le devant du casque pirat (ce que j´avais pensé au départ). La manière dont ce seul crochet a été re-retourné pourrait être qualifiée de rustre et de draconienne, de traviole et effectuée avec une grosse pince  pale . Cette opération a eu un but aussi primaire que pratique. Nous y reviendrons plus tard en détail.
Fait est que ce 4ème crochet a bien été aussi très longtemps retourné comme ses trois autres acolytes (même si pour une durée sensiblement moins longue), les traces laissées dans la trame sont absolument identiques :



Rheinbaben
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lanz91

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 15:29

peut être a t-il été retourné (le crochet ) pour accrocher le casque à un clou Very Happy
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Rheinbaben

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 15:42

lanz91 a écrit:
peut être a t-il été retourné (le crochet ) pour accrocher le casque à un clou Very Happy

Salut Francois Wink

Exactement!!! bravo2/ Dans un second temps, car la première méthode de "suspension" s´est soldée par un échec après quelques années...Pour des raisons aussi simples que logiques. Je le démontrerai en détail en temps donné. Certains autres détails visibles sur le CC sont également révélateurs de cette seconde méthode de suspension Wink
Il est possible de se faire une idée sans avoir le casque en main. Je l´ai testé moi-même et tout concorde à merveille Wink

Rheinbaben
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lanz91

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 16:01

Certainement accroché par la jugulaire,ceci explique cela Shocked
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Alpin

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 16:35

Bonjour,
Bel ensemble avec sont histoire en prime ont ne peut rêver mieux
Les chiffres rouges seront donc supprimés le 19 août, remplacé par la couleur verte à quelle date, septembre?
Merci encore pour vos reportages.
Alpin
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Rheinbaben

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 16:53

Le casque sous le CC: un réserviste württembergeois. La plaque a conservé sa dorure d´origine.



Il y a eu un choc au niveau de la base du heaume. La plaque est enfoncée dans le cuir à cet endroit et en passant le doigt à l´intérieur de la bombe, on remarque un léger enfoncement du cuir à cet endroit précis. De ce fait, l´attache supérieure de la croix de réserve s´est légèrement désserré et laisse un peu bringballer la croix. Les 4 pattes repliées sont cependant encore bien en place, on le voit en jetant un coup d´oeil de chaque côté de la plaque que je n´ai pas volontairement pas démontée pour ne pas risquer une casse stupide. La jugulaire a été réparée après une brisure.



Le revers de la jugulaire, réparée de manière aussi rustre que le re-retournement du crochet. Les bouts rompus tout simplement coupés net au canif, un peu de colle et un serrage en étau dont on voit encore la trace de serrage dans le cuir  Rolling Eyes En regardant bien, on remarque une encornure dans le cuir de la jugulaire à gauche de cette réparation. Là aussi le cuir est extrêment fin et fragile. Il ne fait aucun doute que l´ensemble a d´abord été suspendu par la jugulaire à un dispositif devant ressembler à une petite poutre de section carrée. Au bout de quelques années (ou décennies), le cuir devenant cassant et sous le poids constant, le cuir a rompu au niveau d´une des deux arêtes supérieures de la poutre. Le casque a du chuter sur un objet dur, provoquant l´enfoncement de la plaque au niveau du heaume.













Le porteur a apposé son nom qui est très bien lisible: GRIESINGER ainsi que sa compagnie: 11/119. Il a pris bien soin de ne pas recouvrir le tampon de fabricant JM Eckart de Ulm en écrivant en escalier Very Happy



Marquage identique à celui du CC sur la partie gauche de la nuquière: RJR 119 3B (cohérent avec la 11/119)



Sur la droite de la nuquière, marquage rayé (comme sur le CC) du JR125 de Reutlingen, dont les Kammer ont servi à équiper les réservistes du III/RJR119 en août 1914. Plus à droite, un reste de tampon du BA XIII dont d´identifie la date comme étant 1912. Finalement, la taille 56:



J´interprète de manière sûre et certaine la première régimentation barrée du CC comme étant: 51.R.J.R.3B. En effet, ce régiment de réserve de Basse Silésie parti en guerre avec uniquement deux bataillons  study Il ne fut pas prévu que son 3ème bataillon soit levé à la mobilisation et ses équipements furent reversés aux unités nécessiteuses, dont le III/RJR119. Celà permet de constater une fois de plus une fluctuation d´équipement d´avant guerre très intéressante  atable



La cocarde du Land qui tourne bien sur son tourillon. Elle ne se trouvait pas appliquée contre la bombe lors de la seconde suspension du casque par le crochet du CC. Au contraire, elle flottait, car était en position inférieure dans le CC, tournée vers le sol.



Celle du Reich qui est littéralement collée dans le vernis de la bombe. Elle ne bouge plus. Là aussi un détail confirmant la seconde méthode de suspension du casque par le crochet de CC re-retourné car elle se trouvait en position supérieure et sous pression constante contre la bombe par la toile du CC tendue juste au dessus d´elle...







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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 16:54

lanz91 a écrit:
Certainement accroché par la jugulaire,ceci explique cela Shocked

/tresbien/ /tresbien/

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 17:07

Alpin a écrit:

Les chiffres rouges seront donc supprimés le 19 août, remplacé par la couleur verte à quelle date, septembre?

Salut Alpin,

Non, il s´agit d´un procédé de remplacement assez lent. Celà ne s´est pas passé de manière immédiate au sein des unités combattantes, pour cause de temps, les unités étant sous le feu de manière permanente dans les premières semaines, sans beaucoup de repos. Tout d´abord il y eu les procédés draconiens comme sur cet exemple. Sur d´autres CC, les chiffres en feutrine ont été arrachés tant bien que mal. Les chiffres pochés ont été également frottés ou lavés pour les effacer aussi bien que possible. Certaines unités ont cousu des bouts de tissu feldgrau sur les numéros. Certaine unités ont tourné leurs numéros sur l´arrière du CC.
Ce n´est que lentement que les chiffres rouges disparurent totalement, disons vraisemblablement en l´espace de quelques semaines, jusqu´à la fin septembre 1914. De même pour la décision ministérielle du 15 août 1914 qui préconisait un remplacement des chiffres rouges par les chiffres verts:



Celà n´eu lieu que petit à petit, avec les nouvelles recrues et les reconvalescents en provenance des Ersatz-Bataillonen, certaines arrivant même au front avec un CC vierge de tout numéro.

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 17:20

Salut ,
Oui en effet ces pauvres hommes, ont étés occupés par les combats de mouvements à cette époque.
En tous cas merci pour ces explications sur les différentes pratiques des soldats.
Vraiment passionnant ces pointus.
Bonne soirée
Alpin
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lanz91

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 17:22

J'adore la fraîcheur des cocardes,et la dorure des emblèmes sur les casques qui on conservé leur C.C Very Happy
Pour ce Saxon c'est les deux réglages de jugulaire qui sont pris dans le vernis Wink  

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Rheinbaben

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 17:26

lanz91 a écrit:
J'adore la fraîcheur des cocardes,et la dorure des emblèmes sur les casques qui on conservé leur C.C Very Happy
Pour ce Saxon c'est les deux réglages de jugulaire qui sont pris dans le vernis Wink  


Il est excellent celui-là aussi Shocked On dirait des restes de talc sur la bombe, des fois visibles aussi sur des casques d´officier.
Un numéro vert sur le CC? Une régimentation dans la nuquière? atable

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junker88

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 17:32



Hé ho j ai habité 3 ans à Foucharupt donc c est à moi .....rend moi ça tout de suite !!!

/super/ Bravo vraiment superbe

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Rheinbaben

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 17:50

junker88 a écrit:


j ai habité 3 ans à Foucharupt

Celà tombe bien! Sais tu peut-être si le bâtiment de Foucharupt qui a servi de Lazarett en août-septembre 1914 existe encore?
Les Allemands y avaient envoyé leurs blessés et malades. Il y avait aussi des soldats francais blessés qui y étaient soignés. Un Lazarett improvisé parmi quelques autres hôpitaux de Saint-Dié qui ont servi à cett effet study

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LeXav

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 18:03

Bonsoir

Purée.............le casque et le CC sont à tomber ...... /tresbien/ /super/
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Rheinbaben

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 18:15

La jugulaire s´étant donc rompue après quelques années et étant devenue trop courte après sa réparation de fortune par l´habitant, le crochet arrière droit du CC a été retourné pour permettre une nouvelle suspension.
Le crochet ne se situant pas au niveau du milieu de la nuquière, le casque, entraîné par son propre poids, a logiquement tourné avec le temps dans le sens des aiguilles d´une montre dans le CC comme dans un sac. De ce fait, pendu à un mur, l´intérieur du casque tourné vers ce dernier, la cocarde du Land qui se trouvait sous le CC à l´origine à 3 heures s´est retrouvée pendante en dessous à 5 heures. De même, la cocarde du Reich se trouvant à l´origine à 9 heures s´est alors retrouvée à 11 heures au dessus du casque, plaquée contre le vernis de la bombe par la trame du CC tendue comme une toile de tente sous l´effet du poid tirant à ce niveau vers le crochet. J´ai fait moi-même le test le casque en main, c´est exactement ce qui se passe, il tourne dans le CC et se retrouve exactement à cette position  Very Happy

On peut très bien observer ces secondes traces laissées par les cocardes dans la trame du CC à ces endroits inhabituels:

La trace de la cocarde du Reich à 11 heures, juste sous la trame tendue par le crochet re-retourné et appliquée par le poids de l´ensemble dans le vernis dans sa partie supérieure:



La trace de la cocarde du Land à 5 heures, moins prononcée, car n´étant pas appliquée avec pression contre la trame.



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lanz91

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 18:17

Je confirme pour le talc,le casque est régimentè au I.R 177 et le C.C au 107 R avec les chiffres rouge qui on été certainement arrachés à l'époque Crying or Very sad Mais les traces de vernis fondu qui se retrouvent aussi bien sur la visière que sur le C.C prouvent qu'il est resté dessus depuis très longtemps,ainssi que les marques des crochets.
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Rheinbaben

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 18:51

Re,

Se serait-il agi d´un casque prussien, hessois, saxon ou autres petits duchés, nous n´aurions jamais pu comprendre le pourquoi de la perte de ce casque, car le porteur, Wilhelm GRIESINGER, n´a pas été blessé à cette période des combats sur le Kemberg, la côte Saint-Martin, Rougiville et du Haut-Jacques....Il n´est donc naturellement pas mentionné dans les Verlustlisten en 1914, uniquement lors de sa mort, fin septembre 1916 dans la Somme, entre Miraumont et Grandcourt, portant entre temps le grade d´Unteroffizier....Il était encore dans sa compagnie de souche, la 11/RJR119. On aurait alors pu imaginer la difficulté de faire une relation avec ce casque aux numéros rouges pale

http://des.genealogy.net/search/show/5206783

Heureusement, il y a les Kriegsstammrollen encore existantes pour les soldats du royaume du Württemberg cheers Et la recherche n´a pas été trop longue:

Dans la liste alphabétique de sa compagnie sous la lettre G, le 4ème nom en partant du bas dans la seconde colonne en partant de la gauche:



Il a été un des premiers soldats mobilisés à la 11/RJR119, le 4 août 1914 en temps que Gefreiter Tambour: il porte le matricule N° 49. Né le 25.11.1888, né et domicilié à Reutlingen (garnison de mobilisation du III/RJR119), artisan-relieur dans le civil, marié avec Maria GRIESINGER née BÄSSLER, sans enfants.
On y apprend qu´il tomba malade le 10 septembre 1914, le jour même de la retraite des Allemands dans le secteur. Il fut par la suite évacué sur Strasbourg. L´historique en ligne du RJR119 précise que cette unité fut la toute dernière à quitter les positions montagneuses du Haut-Jacques, en soirée du 10 septembre, seulement une fois l´obscurité tombée. Si ce furent les troupes bavaroises qui entrèrent les premières dans Saint-Dié le 28 août, c´est le RJR119 qui forma l´arrière-garde des troupes allemandes et qui quitta Saint-Dié à 2 heures du matin dans la nuit du 10 au 11 septembre.
GRIESINGER tomba le 29.9.16 pendant que sa compagnie montait au front. L´historique précise qu´un obus à shrapnells tomba sur un Zug de la 11ème Cie, tuant plusieurs hommes. GRIESINGER a été enterré à même l´endroit de son décès.



De 1908 à 1910, GRIESINGER a effectué son service d´active à la 4/JR124 de Weingarten. Il fut libéré au grade de Gefreiter der Reserve. Il fut promu Unteroffizier le 17.7.16. On peut également lire qu´il était "Radfahrer" (agent de liaison cycliste) de la mobilisation jusqu´à sa promotion au grade d´Unteroffizier.



Rheinbaben
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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 19:39

Suite et fin.....

La lecture de l´excellent bouquin de Raoul Allier écrit dans l´immédiat après-guerre "Les Allemands à Saint-Dié" nous permet d´apprendre qu´il y avait un hôpital dans le quartier de Foucharupt. Il y est mentionné en pages 86 et 253 de l´ouvrage.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6518679m/f13.image.texteImage

Nombre de soldats allemands tombés malade ou blessés lors des combats dans la région montagneuse à l´ouest de Saint-Dié y furent envoyés.
Wilhelm GRIESINGER n´y séjourna vraisemblablement que quelques heures dans la journée du 10 septembre. Il est probable qu´il ne recu même pas un lit, les Allemands ayant déjà amorcé leur retraite sur la Meurthe dès le matin. Les habitants pouvaient déjà compter plus de 5000 soldats ayant franchi le fleuve en matinée. Dans les différents hôpitaux de la ville régnait un véritable chaos. Les blessés et malades, même les mourants étaient évacués en urgence tant bien que mal avec les moyens encore disponibles. Aucun soldat allemand ne devait tomber aux mains des Francais. Même certains prisonniers francais blessés légérement furent contraints de quitter les hôpitaux avec les Allemands.
Dans la soirée du 9 septembre, un certain nombre d´infirmières de la Croix Rouge arrivèrent à Saint-Dié pour soigner les blessés. À peine avaient-elles ouvert leurs valises qu´il fût ordonné qu´elles quittent la ville en urgence le lendemain même du 10 septembre.

C´est lors de ce branle-bas de retraite que le casque de GRIESINGER fut oublié et abandonné sur place, très vraisemblablement dans l´hopital de Foucharupt.

En consultant les blessés et les morts dans les Kriegsstammrollen de la 11/RJR119 et en lisant l´historique du régiment, on apprend que la compagnie de GRIESINGER combattit le 29 aôut sur la côte Saint-Martin. Tous les musiciens du bataillon recurent l´ordre de soutenir l´attaque de cette colline boisée au son des clairons et des tambours pour surprendre l´ennemi. Quelques prisonniers francais avaient révélé aux Allemands que ces attaques en grand vacarme étaient ce qu´ils craignaient le plus. En tant que Tambour, GRIESINGER prit vraisemblablement part à cette assaut.  Début septembre, le RJR119 se dirigea ensuite dans la forêt sur les hauteurs à l´est de Rougiville. Le 6 septembre, le III/RJR119 fut envoyé de l´autre côté de la vallée du Taintrux pour occuper les hauteurs du Haut-Jacques afin de soutenir le RJR99 en difficulté. C´est de la maison forestière du Haut-Jacques, où se trouvait la 11/119 le 10 septembre, que GRIESINGER fut évacué sur Saint-Dié / Foucharupt.



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alexandre12

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 19:54

Bonsoir,

Un très très bel ensemble et le parcours est super !

Bien à vous,

Alexandre /biere/
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Stabsveterinär

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Ven 4 Jan 2019 - 23:21

Bonsoir,

Une pièce terrible et comment toujours une enquête menée de main de maître, que du bonheur à lire !

Cordialement

Stabs /biere/
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titi

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Sam 5 Jan 2019 - 5:52

salut !

ce casque est superbe ! Très belle récup..
Merci pour ces anecdotes intéressante !

Thierry
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monfort1



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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Sam 5 Jan 2019 - 8:35




atable
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DOUDOU555

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Sam 5 Jan 2019 - 10:35

Comme toujours une superbe pièce et son histoire.
Beau travail de recherche et félicitations pour cette rentrée.
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Rheinbaben

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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Sam 5 Jan 2019 - 10:39

Bonjour,

Merci aux participants pour leur feedback Wink

J´ai oublié quelques photos détaillées du CC et des chiffres rouges Embarassed



Léchures de mites ou tentative peu couronnée de succès par le porteur pour d´abord arracher les chiffres rouges avant de retourner le CC? On ne le saura jamais...





Coutures en zigzag. Il y a quelques années de celà, on aurait affirmé que c´est une copie pale



Abscence totale de renfort en cuir dans la pointe. Et il n´y a que 4 trous d´aération. Généralement on en trouve 5 sur les CC M92.



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MessageSujet: Re: Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914   Sam 5 Jan 2019 - 17:46

L´histoire de cet ensemble ne serait pas complète sans une narration succinte du parcours du porteur de la mobilisation au 10 septembre 1914.
Voici donc les grandes lignes de ce parcours, tirées de l´historique du RJR119, essentiellement focussé sur la 11ème Cie de Wilhelm GRIESINGER.

Le I/RJR119 fut mobilisé à Calw, le IIB à Rottweil et le IIIB de GRIESINGER à Reutlingen. L´état-major et la MG du régiment furent formés à Stuttgart ainsi que l´Ersatz-Bataillon.
Lors de la mobilisation à Reutlingen, nombreuses furent les rumeurs et les dénonciations concernant des pseudo-espions au service de la France. Suite à ces rumeurs, le Stabsarzt (médecin) du III/RJR119 fut même interné au poste de police pour quelques heures à cause de sa physionomie "exotique" et de son teint foncé.
Les bataillons furent enfin embarqués  le 9 août. L´effectif du régiment était de 74 officiers, 3135 soldats, 195 chevaux et 6 mitrailleuses. Les trains passèrent par Offenbourg et Lahr. Le III/119 fut débarqué à Kenzingen le 10 août. Les 3 bataillons recurent d´abord l´ordre de surveiller les rives du Rhin à Schönau et de bloquer la navigation du canal Rhin-Rhône en occupant les écluses.
Le XIV Reserve Korps devant obliquer vers le nord, le régiment se mis en marche et arriva à Bensfeld le 14 août. Dans la journée, le régiment commenca sa longue marche dans le massif vosgien et se trouvait à Saint-Léonard, Rosheim et Börsch le 17 août, jour du baptême du feu du régiment.
Les Francais avaient entre temps occupé Wisch et Schirmeck. Le III/119 forma l´avant garde du régiment et arriva à Grendelbruch dans la soirée, sous une pluie diluvienne. S´ensuivit alors une journée de combat contre des avant-postes francais dans les bois autour du village lors de laquelle la 11ème Cie de GRIESINGER, appuyée par quelques mitrailleuses, décima et mis en fuite les restes d´une compagnie francaise.
Au matin du 19 août, les Francais avaient pris la fuite sur Schirmeck. Le RJR119 les poursuivit par la hauteur de la Hongrie, jusqu´au village de Barenbach, occupé par quelques patrouilles francaises qui furent mises en fuite par l´arrivée des cyclistes du RJR119.



Le 20 août, le régiment fut mis en réserve au Struthof à disposition de la division.
Le 21 août au matin, le regiment recu l´ordre de s´emparer du Petit Donon, le III/119 devant former l´avant garde, la 11ème Cie en tête de formation. Le Petit-Donon avait été auparavant évacué par les Badois qui l´avaient occupé. Les Francais s´étaient par la suite re-installé sur les hauteurs. Le III/119 recu l´ordre d´attaquer les hauteurs de manière frontale, les deux autres bataillons devant prendre l´ennemi à revers. Le combat dure toute la journée, les Francais ont posté des nids de mitrailleuses dans les arbres et rendent l´assaut très difficile. Finalement, soutenu par une compagnie de pionnier du RJR109 et les chasseurs de Colmar, le III/119 s´empare de la hauteur dans la nuit après une charge à la baionnette.



Le matin du 22 août, I et III/RJR119 marchent sur Grand-Fontaine, Salm, Schmelz (Haut-Fourneau)  avec I/RJR120. Salm et la maison forestière de Tannwald (Malplaquet) sont occupés par les Francais et il incombe une nouvelle fois au III/119 de les en chasser. À travers la forêt les Würrtembergeois se lancent à l´attaque avec succès en faisant 27 prisonniers du 52RI francais, dont 2 officiers.
Le 23 août à 14 heures, l´ordre fut donné d´attaquer les hauteurs de Diespach, soit-disant occupées par des forces francaises importantes et de l´artillerie lourde. Le régiment marche donc sur Bambois (Bannholz) mais doit passer la nuit dans les bois, recevant des tirs de mitrailleuses des hauteurs. Le lendemain 24 août, les positions francaises ont été évacuées. Le RJR119 poursuit l´ennemi par Blen (Plaine), Foß (Fosses), Champenau, Heilig Blasien (Saint-Blaise), Salzern (Saulxures) et Burg nach Saal (Saales). La frontière francaise fut franchie à Beau Soleil.
Le 25 août, le RJR119 se lance à l´attaque de Ban de Sapt mais est cloué au sol par l´artillerie francaise. Il pleut à torrent et les cuisines roulantes ne peuvent ravitailler les soldats. La nuit se passe dans l´anxiété, dissimulé dans les sous-bois et les buissons de genêts. Le 26 août au matin, l´ordre est donné de prendre définitivement Ban de Sapt en prenant comme axe d´attaque le clocher de l´église. Une nouvelle fois, c´est la 11ème Cie de GRIESINGER qui forme le fer de lance de l´assaut. À 9 heures 30, le village est pris.



Les Francais prennent la fuite vers Moyenmoutier. Après avoir été enfin ravitaillé par les cuisines roulantes, le RJR119 se dirige sur Saint Jean d´Ormont. Le III/119 est alors envoyé d´urgence en début d´après midi vers Raids de Robache où le RJR99 se trouve en difficulté dans des combats de sous-bois. À 500m des positions francaises, l´attaque est arrêtée par les mitrailleuses francaises. Le III/119 est contraint de s´enterrer. À la tombée de la nuit, les Francais lancent une violente attaque sur ces positions mais qui se brise dans le feu des Württembergeois. Le lendemain 27 août, les deux autres bataillons du RJR119 se rendent sur Raids de Robache et d´un commun élan avec le RJR120 et le RJR99, les drapeaux des bataillons flottant au vent, prennent d´assaut les positions francaises en faisant de nombreux prisonniers. À midi, le III/119 doit se rendre sur Denipaire pour aider le RJR120 en difficulté, mais en arrivant dans ce village, les combats sont terminés et le bataillon de GRIESINGER regagne Saint Jean d´Ormont.
Lors de cette journée, les troupes bavaroises s´étaient emparé de la garnison de Saint-Dié. Le 28 août à 7 heures 30, le RJR119 fit également son entrée dans la ville.



Le 29 août au matin, le III/119 était envoyé en patrouille à l´ouest de Saint-Dié à Richardville et trouva le village délaissé par les Francais. De retour à Saint-Dié, la défense du quartier des Tiges est organisée pour empêcher une attaque en provenance de Grandrupt.



Des mitrailleuses sont placées sur les toits et dans les greniers. Le I/119 s´avance vers La Bolle et Sainte Marguerite. Les II et III/119 doivent s´emparer de la Roche Saint-Martin qui surplombe les quartiers ouest de Saint-Dié. Les deux bataillons montent à l´assaut des pentes de cette hauteur boisée et en début de soirée, après une attaque accompagnée par les clairons et les tambours des bataillons, les positions francaises du 62 BCP sont prises, les Francais laissant sur place 34 prisonniers.
Le 30 août au matin, l´ordre est donné au RJR119 d´occuper les hauteurs à l´est de Rougiville. Le IIIème bataillon se trouve en tête et se fraye un chemin dans les sous-bois rocailleux et très arpentés vers La Basse Fosse. Ce village est occupé par les Francais. De ce fait, le 9ème et la 10ème Cie sécurise la lisière de la forêt tandis que la 11ème Cie de GRIESINGER doit monter les pentes du Kemberg pour tenter de faire jonction avec la 51ème Reserve Infanterie Brigade qui est engagée dans des combats à Anonzel et Mauvais Champs. Des batteries francaises à Taintrux prennent les compagnies sous leur feu, les obligeant à regagner dans la soirée les quartiers ouest de Saint-Dié, 1km en avant de la gare (secteurs de la Roche Saint-Martin et de La Bolle).
Le 31 août et le 1er septembre, le RJR119 se borne à lancer des patrouilles et constate que de nombreuses troupes francaises sont massées dans les environs de Rougiville.
Le 2 septembre au matin, le régiment déploie ses bataillons et à l´abris des sous bois se dirige sur Grandrupt et Rougiville avec comme but les sous-bois de l´autre côté de la vallée de Taintrux. Des faibles positions francaises sont prises d´assaut en forêt mais le régiment se retrouve sous le feu de ses propres batteries et doit envoyer des cyclistes sur l´arrière pour faire allonger le tir (GRIESINGER étant cycliste, peut-être faisait-il partie de ces agents de liaison lors de cette journée précise). Peu après, une colonne de chasseurs alpins avec leurs mulets sont pris sous les feux de la MGK alors qu´ils étaient en train de grimper sur les hauteurs de l´autre côté de la vallée. Pendant les journées des 2 et 3 septembre ont lieu des combats dans les sous-bois inextricables, patrouilles contre patrouilles, la situation étant chaotique pour les deux partis. Le 3 septembre, une compagnie francaise accompagnée de quelques prisonniers allemands surgit dans le dos du RJR119. Après un court combat, les prisonniers sont libérés et ce sont 162 Francais dont deux officiers qui sont faits prisonniers. Les hauteurs à l´est de Rougiville restent encore aux mains des Francais.
Le 4 septembre, l´artillerie allemande martèle ces hauteurs et les 3 bataillons du RJR119 se lancent à l´attaque. Les chasseurs alpins avaient établi leurs positions en terrasse, à flanc de colline et un bon nombre d´entre eux étaient perchés dans les arbres et prenaient chaque casque à pointe comme cible. Les compagnies allemandes se mélangèrent complètement lors de l´assaut sur les pentes rocailleuses, mais à 15 heures, les derniers défenseurs étaient chassés après une ultime charge à la baionnette. Aussitôt, les Württembergeois redescendent les pentes ouest de ces hauteurs en poursuivant les chasseurs francais. Arrivés à la lisière de la forêt sur le côté est de la vallée de Taintrux, une patrouille württembergeoise surprend une colonne de munition sur la route de Rougiville et la met en feu. Peu après, l´artillerie francaise s´abat sur les württembergeois qui sortent de la forêt pour traverser la vallée et les oblige à remonter sur les hauteurs.
Le 5 septembre, compagnie par compagnie, le III/119 e GRIESINGER traverse la vallée et prend position dans les bois au nord de Rougiville pour sécuriser la route des Moitresses à la maison forestière du Haut-Jacques mais aussi pour faire liaison avec III/RJR120 et RJR99.  Du 5 au 8 septembre, les I et II/119 perdent et regagnent les hauteurs à l´est de Rougiville qui est la proie des incendies, à l´exception de la colline la plus au sud qui reste aux mains des Francais.
Le 6 septembre, le III/119 de GRIESINGER avait recu l´ordre de détacher deux compagnies pour supporter le RJR99 devant attaquer la hauteur à l´ouest de Rougiville. Les 9 et 12/119 furent envoyées dans le bois de la Madeleine et relevèrent les compagnies totalement épuisées du RJR99. Le 7 septembre, ces deux compagnies du III/119 étaient déjà attaquées par les Francais qui essayaient de les encercler. De ce fait, la 10 et la 11ème Cie de GRIESINGER furent également placées par la Brigade sous les ordres du RJR99 et prirent position à la maison forestière du Haut-Jacques. Les 7 et 8 septembre, les Francais continuèrent leurs tentatives d´encerclement de la 9 et 12/119 placées en avant, si bien que la communication avec la 11 et la 11/119 à la maison forestière fut pratiquement coupée. Nombre de coureurs furent envoyés en avant pour donner l´ordre de battre en retraite sur la maison forestière. La plupart d´entre eux furent surpris par les Francais, tués, faits prisonnier ou ne revinrent jamais. Dans l´après-midi du 8 septembre, un messager de la 11/119, le Gefreiter MAIER réussit néanmoins à traverser les lignes. Les 9 et 12/119 furent relevées par III/120 au Haut-Jacques et purent se frayer un chemin vers la maison forestière à travers l´encerclement. La journée du 9 septembre fut calme à la maison forestière. À 23 heures, un orage terrible s´abattit alors sur la région avec une pluie diluvienne, inondant complètement les tranchées des 4 compagnies du III/119 à la maison forestière. Les Francais profitèrent de cet orage pour attaquer mais furent repoussés par les feux nourris des 4 compagnies württembergeoises. Les Allemands complètement trempés se mirent ici et là à allumer des feux de bois pour sécher leurs effets. La journée du 10 septembre fut également calme, c´était la journée de l´évacuation de Wilhelm GRIESINGER, tombé malade, peut-être du fait de cette intempérie de la veille.
Ce n´est qu´à 16 heures que le RJR119 recu l´ordre de se tenir prêt pour la retraite sur les ponts de la Meurthe. Le régiment ne devait quitter ses positions qu´à seulement 23 heures car il formait l´arrière garde de la retraite. Le III/119 sur le Haut-Jacques occupa les positions du RJR99 descendant déjà sur Saint-Dié. Les batteries allemandes cessèrent de tirer, le calme revint d´un coup dans la forêt. Les Francais, quelque peu étonnés, lancèrent quelques patrouilles sur les lignes du RJR119 entre 20 heures 30 et 22 heures mais furent recues partout par un feu nourri et se résignèrent rapidement. À 23 heures, les Württembergeois commencèrent à se retirer dans le silence le plus complet, si bien qu´à 1 heure du matin, tout le régiment était rassemblé à Saint-Dié. Une heure plus tard, le RJR119 battait retraite sur Saint Roch, Denipaire et Senones. Des pionniers allemands avec des lanternes éclairaient le chemin de la troupe battant en retraite...Wilhelm GRIESINGER était déjà en évacuation vers Strasbourg, sans son casque...

Rheinbaben
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Dernière édition par Rheinbaben le Sam 5 Jan 2019 - 18:01, édité 1 fois
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Abandonné lors de la débâcle de Saint-Dié, 10-11 septembre 1914
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