Bonjour à tous
Je vous propose de suivre le parcours d’un sergent d’infanterie au travers d’un lot de photos et documents obtenus récemment.
Hippolyte Métayer est un vendéen du village de Benet, né en 1884. Appelé de la classe 1904, il effectue son service militaire au 137e Régiment d’infanterie de Fontenay-le-Comte.
Il gagne ses galons de sergent en 1907, avant d’être rendu à la vie civile où il exerce la profession d’huissier.
Voici le caporal Métayer (celui de gauche), avec son escouade en 1907 dans une irréprochable tenue de campagne.

Il est par la suite affecté dans la réserve au 114e Régiment d’infanterie de St Maixent-Parthenay (Deux-Sèvres). Le voici en tenue de sergent (au centre) au cours d’une période d’exercice vers 1910.

Le sergent Métayer est mobilisé avec le 314e Régiment d’infanterie, et part en campagne le 13 août 1914. Le voici (extrême droite en haut) posant avec les cadres de la 18e compagnie de ce régiment, en décembre 1914. La tenue est encore assez proche de celle de la mobilisation, Hippolyte Métayer est devenu un vrai « poilu » avec moustache et barbe fournies.

Le 314e RI est engagé dans de durs combats défensifs au signal du XON, une crête près de Norroy-lès-Pont-à-Mousson (54), du 13 au 18 février 1915. Hippolyte Métayer y est fait prisonnier le 14. Il est interné dans la région de Hannovre, dans le nord de l’Allemagne, dans les camps de Hesepe (camp B3) puis Hameln an der Weser.
Le voici en compagnie de quelques camarades de misère. Le sergent Métayer porte une curieuse vareuse type paletot à double boutonnage et col droit, présentant de fortes excroissances sur les épaules ?????? Les galons sont en fer de lance, ce qui n’est pas dans la règlementation de l’infanterie. Quelqu’un voit ce que c’est ? L’ancienne tunique d’infanterie modèle 1872 ??? Un troc avec un camarade ? Un effet de complément emporté au moment de la mobilisation, ou pour faire face au premier hiver de guerre ?
Le képi est en tout cas un modèle 1914 2e type, avec aérateurs, et notre sergent s’est procuré des jambières vernies non-réglementaires, un peu plus hautes et plus rigides que la jambière d’infanterie de dotation.



Et voici son Ausweiskarte établie en 1917 pour lui permettre d’aller travailler dans un arbeitskommando à Hechenbeck pas très loin du camp d’Hameln.

Un portrait devant les barbelés qui date de janvier 1916 : la tunique est toujours là mais semble avoir perdu une rangée complète de boutons ! Et le pantalon est porté désormais sans jambières.

Août 1918 : il tient le bon bout, la libération semble proche, et il se fait tirer le portrait dans un studio civil, dans un costume sans doute prêté par le photographe.

Le sergent Hippolyte Métayer retrouve finalement la liberté en janvier 1919, et, après un court séjour dans un hôpital de Rouen, retourne au dépôt du 114e RI à St Maixent, où il est démobilisé le 25 mars 1919.
Pour la suite, heu….il semblerait que notre fier sous-officier, redevenu huissier puis « agent d’affaires » ait fait parler de lui à plusieurs reprises dans les Deux-Sèvres dans les années 30….mais ça c’est une autre histoire !