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 Chants du Soldat

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Florian12100

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MessageSujet: Chants du Soldat   Mer 16 Fév 2011 - 0:00

Bonsoir,

Je possède un petit recueil de chansons qu'on surement du chanter les soldats en partant à la guerre. Et je viens ici vous les partager:

VIVE LA FRANCE!

Oui, France, on t'a vaincue, on t'a réduite même,
Et comme il n'a pas eu pour preuve le succès,
A ton courage encore on jette l'anathème,
Et les Français s'en vont rabaissant les Français.

Que la faute fut grande et cette guerre folle,
Qui le nie? Ils sont là nos désastres d'hier.
Mais qu'au bruit des canons tout un passé s'envole!
Que tout un avenir soit brisé sous ce fer!

Que la France n'ait plus, chez les peuples du monde,
Ni voix dans leur arrêts ni place à leurs grandeurs!...
C'est une calomnie infâme et si profonde,
Qu'un vaincu qui la dit étonne ses vainqueurs.

Non, France ne crois pas ceux qui te disent lâche,
Ceux qui voudraient nier ton âme et ses efforts:
Sans gloire et sans bonheur, tes fils ont fait leur tâche,
Mais ils l'ont faite, et Dieu ne compte plus tes morts.

J'ai vu de pauvres gens tomber sans une plainte ;
D'autres - je les ai vus - ont combattu joyeux,
Et, pieux chevaliers de cette guerre sainte,
Sont morts, l'amour dans l'âme et le ciel dans les yeux.

Ils ont lutté, n'étant ni l'espoir ni le nombre.
Et sans cesse détruits, et renaissant toujours,
C'est un éclair divin de cette époque sombre,
Que ces martyrs voulant leurs supplices moins courts.

Je les ai vus, marchant les pieds nus sur la neige,
Succomber de fatigue et non de désespoir ;
La misère et la faim leur servaient de cortège,
Mais ils marchaient, ayant pour guide le devoir.

J'en ai vu qui, captifs, s'échappaient d'Allemagne,
Revenaient aux dangers à travers les dangers,
Et, sans revoir leurs toits, reprenant la campagne,
Retombaient par deux fois aux mains des étrangers.

Ce n'était pas toujours des soldats, notre aimée!
Mais j'ai vu des blessés venir, saignant encor,
Reprendre dans les rangs leur place accoutumée,
Et, luttant tout meurtris, se guérir dans la mort.

J'ai vu des régiments, aux jours de défaillance,
Se porter en avant et se dévouer seuls,
Pour qu'on pût dire au moins, en parlant de la France,
Que ses drapeaux étaient encor de fiers linceuls ;

Que nous savions encor mourir, sinon combattre.
Et puis, nous n'avons pas toujours été si bas:
Froeschwiller est l'assaut d'un homme contre quatre
Et de ces assaut-là les Prussiens n'en font pas!

Gravelotte et Borny ne sont pas des défaites ;
Les vivants ont vengé les morts de Champigny ;
Les gloires de Strasbourg échappent aux conquêtes,
Et Paris affamé n'a jamais défailli!

Oui, Français, c'est un sang vivace que le vôtre!
Les tombes de vos fils sont pleines de héros ;
Mais sur le sol sanglant où le vainqueur se vautre,
Tous vos fils, ô Français! ne sont pas aux tombeaux.

Et la revanche doit venir, lente peut-être,
Mais en tout cas fatale, et terrible à coup sûr ;
La haine est déjà née, et la force va naître :
C'est au faucheur à voir si le champ n'est pas mûr.
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Florian12100

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MessageSujet: Re: Chants du Soldat   Mer 16 Fév 2011 - 20:44

LE CLAIRON

L'air est pur, la route est large,
Le Clairon sonne la charge,
Les Zouaves vont chantant,
Et là-haut sur la colline,
Dans la forêt qui domine,
Le Prussien les attend.

Le Clairon est un vieux brave,
Et lorsque la lutte est grave,
C'est un rude compagnon ;
Il a vu mainte bataille
Et porte plus d'une entaille,
Depuis les pieds jusqu'au front.

C'est lui qui guide la fête.
Jamais sa fière trompette
N'eut un accent plus vainqueur ;
Et de son souffle de flamme,
L'espérance vient à l'âme,
Le courage monte au cœur.

On grimpe, on court, on arrive,
Et la fusillade est vive,
Et les Prussiens sont adroits,
Quand enfin le cri se jette :
" En marche! A la baïonnette! "
Et l'on entre sous le bois.

A la première décharge,
Le Clairon sonnant la charge,
Tombe frappé sans recours ;
Mais, par un effort suprême,
Menant le combat quand même,
Le Clairon sonne toujours.

Et cependant le sang coule,
Mais sa main, qui le refoule,
Suspend un instant la mort,
Et de sa note affolée
Précipitant la mêlée,
Le vieux Clairon sonne encor.

Il est là, couché sur l'herbe,
Dédaignant, blessé superbe,
Tout espoir et tout secours ;
Et sur sa lèvre sanglante,
Gardant sa trompette ardente,
Il sonne, il sonne toujours.

Puis, dans la forêt pressée,
Voyant la charge lancée,
Et les Zouaves bondir,
Alors le Clairon s'arrête,
Sa dernière tâche est faite,
Il achève de mourir.

Voici un lien avec l'air : http://www.youtube.com/watch?v=yUvMSrcreQY
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Florian12100

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MessageSujet: Re: Chants du Soldat   Jeu 17 Fév 2011 - 23:00

L'ARRIÈRE-GARDE

C'était un jour de lutte et de défaite,
- Hélas! de pareils jours furent nombreux pour nous! -
L'armée en désarroi commençait la retraite,
Et la neige montait, froide, jusqu'aux genoux.

Les vainqueurs cependant, épuisés de victoire,
Respectant ce départ par crainte d'un retour
On marchait ; le sol blanc rendait la nuit moins noire
Et l'on eut vite atteint les forêts d'alentour.
Soudain, malgré tout ordre et malgré toute crainte,
On vit s'arrêter là cette armée aux abois ;
Un tison ralluma bientôt la pipe éteinte,
Et les feux du bivouac illuminaient les bois,
On eût dit une halte au fond d'un cimetière.
La neige parcourue était rouge de sang,
Et, lassés des efforts d'une journée entière,
Tous les soldats mêlés ne cherchaient plus leur rang.
Ils tombaient harassés au hasard de la place,
Devant le premier feu, dans le premier ravin ;
Et plus d'un s'endormit ce soir-là sur la glace,
Que ne réveilla pas le jour du lendemain.

Ô nuit cruelle! nuit pleine de funérailles!
Ce n'était pas assez de luttes, de batailles,
Et du fer et du plomb, ce n'était pas assez!
Quand on était sorti vivant de ces mitrailles,
Le froid prenait au cœur et la faim aux entrailles,
Et l'on crevait, ainsi qu'un chien, dans les fossés.

Or les Prussiens, voyant ces lueurs dans l'espace,
Compriment qu'ils pouvaient alors continuer,
Que les chefs étaient las ; que l'armée était lasse ;
Et, comme des chacals reprennent une trace,
Ils partirent, flairant des blessés à tuer.
La lisière du bois était gardée à peine.
Et le sursaut fut grand, et grandes les clameur,
Lorsque sur le chemin la colonne prussienne,
Déboucha, tiraillant gaiment sur les dormeurs.

" Ah! trahison! " Ce fut le cri de la déroute,
Mais un vieil officier - un Français celui-là -
Rallia les fuyards au milieu de la route,
Fit éteindre les feux sous la neige, et resta.
Alors, sous le ciel noir et sur la terre sombre,
La lutte commença, - lutte d'agonisant! -
Les fusils jetaient seuls leurs éclairs dans cette ombre,
Et les branches du bois sifflaient en se brisant.
De long cris dominaient la mêlée incertaine :
" König und Vaterland! " chantaient les Prussiens,
" Pour la France! " avait dit notre vieux capitaine,
Et répétant ces mots d'espérance et de haine,
Chacun dans cette nuit reconnaissait les siens.

Au milieu d'un de ces silences pleins d'alarmes,
Comme il en est pendant qu'on recharge les armes,
Et que les combattants, par un commun accord,
Suspendant le combat, laissent souffler la Mort,
Un éclair traversa la broussaille voisine ;
Le capitaine mit la main sur sa poitrine :
" Au cœur! " murmura-t-il déjà mort à demi,
Mais avant de tomber plantant son sabre en terre :
" C'est ici, mes enfants, que je veux qu'on m'enterre.
" Honte à qui laisserait mon corps à l'ennemi!"

Il tomba, vomissant le sang à pleine bouche.

Et, comme si son âme eût passé dans les cœurs,
Tous ces hommes saisis d'un courage farouche,
Se ruèrent hurlant au milieu des vainqueurs.

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Nous avons eu parfois de ces courtes revanches!
Et lorsque le soleil apparut dans les branches,
Comme un masque de pourpre à travers des barreaux,
Tout s'était apaisé dans la forêt meurtrie,
La tombe se creusait au sol de la Patrie,

Et les martyrs avaient dispersé les bourreaux.
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