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 Commandant Sylvain RAYNAL

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jupiter
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MessageSujet: Commandant Sylvain RAYNAL   Jeu 8 Sep 2011 - 11:17




Sylvain Eugène Raynal naît le 3 mars 1867 dans une famille protestante bordelaise d'artisans, dont il hérite le sens du travail et un profond patriotisme. Il intègre l'école de Saint-Maixent, après une scolarité au lycée d'Angoulême, qu'il quitte avec le même rang d'entrée, treizième. Il connaît ensuite une vie de garnison.




Nommé à l'état-major de Paris, il sert sous les ordre de Guillaumat ; découvre ensuite l'Algérie au sein du 7e régiment de tirailleurs de Constantine, où il prend connaissance de l'entrée en guerre de la France à l'été 1914.
Blessé à l'épaule par une balle de mitrailleuse en septembre 1914, et en décembre lors du bombardement de son poste de commandement, il est hospitalisé pendant dix mois avant de retourner au combat le 1er octobre 1915.




A la fin 1915, l'offensive allemande se concentre sur le secteur de Verdun sous la direction du Kronprinz, fils aîné du Kaiser. Un face à face de 300 jours qui donnera naissance à une geste militaire contemporaine : Bois des Caures, Froideterre, Mort-Homme, Douaumont, Fleury, etc., Vaux. Le 4 mars 1916, l'état-major germanique ordonne de réduire le verrou de Verdun et de foncer sur Paris.

Place avancée, le Fort de Vaux est défendu par les 300 hommes encore valides du 142e régiment d'infanterie commandés par Raynal du 96e R.I., s'étant porté volontaire pour servir à Verdun, alors qu'il achève une convalescence suite à une blessure de shrapnels qui lui vaut d'être promu officier de la Légion d'honneur.
Entre le 2 et le 7 juin 1916, le commandant Sylvain Eugène Raynal résiste avec ses hommes aux attaques allemandes du 39e régiment d'infanterie. "L'héroïsme naît parfois dans les milieux les plus simples" (Fleuriot de Langle, dans Le Ruban Rouge)...

Isolé, il envoie le 4 juin son dernier pigeon voyageur (matricule 787-15) "Vaillant" porteur du message suivant : "Nous tenons toujours, mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses ; il y a urgence à nous dégager. Faites-nous donner de suite communication optique par Souville qui ne répond pas à nos appels. C'est mon dernier pigeon. Raynal."




Sans réponse, manquant d'eau potable et dans l'impossibilité de voir sa position être dégagée par des renforts, le commandant et ses hommes finissent par se rendre. Amené devant le Kronprinz, il tend au prince héritier une baïonnette de simple soldat, son épée n'ayant pu être retrouvée dans les décombres du fort, lui disant : "Prince, cette arme vaut une épée d'officier", lequel lui apprend, à la suite de l'interception d'un message émanant de l'état-major français qu'il lui a été décerné la cravate rouge de l'ordre de la Légion d'Honneur. Son messager ayant accompli sa mission recevra le diplôme de la bague d'honneurs - le Musée de la Poste à Paris en conserve le corps de nos jours.

Raynal prisonnier est détenu à Mayence du 11 juin 1916 jusqu'en novembre 1917, puis 3 mois à Stressburg sur la frontière Polonaise en Prusse Orientale, et enfin en Suisse, à Interlaken, à partir du 30 mars 1918 jusqu'à sa libération le 4 novembre.

Sylvain Eugène Raynal se retire après guerre au 36 de la rue Denfert-Rochereau à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) où il séjournera jusqu'à sa mort le 13 janvier 1939.
Une plaque y a été apposée en 1966 à l'occasion du cinquantenaire de la Bataille de Verdun.




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Davsky

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MessageSujet: Re: Commandant Sylvain RAYNAL   Jeu 8 Sep 2011 - 12:28

Une figure de la premiere guerre. Merci pour ce travail.
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LeXav

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MessageSujet: Re: Commandant Sylvain RAYNAL   Jeu 8 Sep 2011 - 12:49

Bonjour

Très bon travail de mémoire au bénéfice de cette "figure"
bravo2/ bravo2/


Ci-joint un extrait des récits du commandant :

Le Kronprinz est debout, il m'accueille avec une courtoisie très franche. Il n'est pas laid ; ce n'est pas le singe qu'on fait de lui les crayons qui l'ont caricaturé ; c'est un cavalier mince et souple, élégant et non sans grâce, qui n'a rien de la raideur boche.

Le Kronprinz parle, il s'exprime avec facilité, dans un français assez pur.
Il reconnaît et vante comme il sied la ténacité de nos hommes, leur admirable vaillance. "Admirable" : il répète plusieurs fois ce mot. Le Kronprinz me remet la copie du message par lequel notre général en chef envoyait ses félicitations au fort de Vaux.
Maintenant l'héritier du kaiser arrive au geste noble :

- Désireux d'honorer votre vaillance, mon commandant, j'ai fait rechercher votre épée que je me dois de vous rendre ; malheureusement, on n'a pu le retrouver… Et pour cause, suis-je tenté de glisser : je n'ai eu pour toute arme personnelle que ma canne de blessé et mon revolver.
Il poursuit, en me présentant le coupe-choux d'un sapeur du génie :
- Je n'ai pu me procurer que cette arme modeste d'un simple soldat, et je vous prie de l'accepter.
Mon premier mouvement est de me hérisser ; mais le Kronprinz ne se moque pas de moi, c'est très sérieusement qu'il accomplit son geste, et comme l'effet ne lui en échappe pas, il insiste sur l'intention qui donne à ce geste sa véritable portée :
- L'arme est modeste, mais glorieuse, mon commandant, et j'y vois, comme dans l'épée la plus fière, le symbole de la valeur française…
Je ne peux plus refuser :
- Ainsi présenté, j'accepte cette arme et remercie Votre Altesse de l'hommage qu'elle rend à la grandeur de mes humbles camarades.
C'est tout, je salue militairement et m'en vais en emportant mon coupe-choux. Nous n'avons pas fait cent mètres que :
- Herr major, Son Altesse Impérial vous prie de revenir.
Je regagne le quartier général du Kronprinz. Comme je pénètre dans le bureau par une porte, il sort d'une autre pièce et vient à moi, tout épanoui : il tient une épée à deux mains, un sabre-épée d'officier français :
- J'ai trouvé, mon commandant. Je vous prie d'accepter cette arme plus digne de vous, en échange de celle que je vous ai offerte, à défaut d'une autre.

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5e REI

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MessageSujet: Re: Commandant Sylvain RAYNAL   Jeu 8 Sep 2011 - 13:45

Bonjour,


Sujet au combien intéressant et fait d'armes rempli de bravoure. Voici quelques infos complémentaires concernant l'Officier allemand présent sur la photo, avec le commandant Raynal et son aide de camp.

Il s'agit du Lt. Rackow du Lothringisches Infanterie-Regiment Nr. 158. Après la capture du fort de Vaux, il a été décoré du PLM(Pour le Mérite) le7 juin 1916. De retour de la guerre, il meurt dans un accident, le 6 octobre 1923.




Dernière édition par 5e REI le Ven 9 Sep 2011 - 20:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Commandant Sylvain RAYNAL   Ven 9 Sep 2011 - 20:08

Bonsoir

Merci pour cette biographie de Raynal, "patron" du fort de Vaux dans les moments les plus difficiles.
Il sera mal vu après la guerre pour ses opinions politique qui allaient à contre courant de la majorité.

Par contre, j'ai un doute :
jupiter a écrit:
A la fin 1915, l'offensive allemande se concentre sur le secteur de Verdun sous la direction du Kronprinz, fils aîné du Kaiser.
Ne serait ce pas plutot début 1916? Plus précisement le 21 février 1916?

/biere/ 155C
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MessageSujet: Re: Commandant Sylvain RAYNAL   

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