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 **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**

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jupiter
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MessageSujet: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Jeu 22 Nov - 14:31


La bataille de Mars-la-Tour (également appelée bataille de Rezonville ou bataille de Vionville) eut lieu le 16 août 1870, lors de la guerre franco-prussienne. Elle se déroula dans les environs de Mars-la-Tour, village situé à une quinzaine de kilomètres au sud de Metz. Il s'agit de la dernière grande bataille de cavalerie d'Europe.

La retraite de l’armée du Rhin

Après avoir essuyé de multiples défaites en Alsace et en Moselle, notamment lors de la bataille de Forbach-Spicheren, l’armée du Rhin bat en retraite vers l'ouest en direction de Metz.

Napoléon III, malade et discuté, rejoint Châlons-sur-Marne et abandonne le commandement au maréchal Bazaine le 12 août 1870. Il lui ordonne au préalable de s'occuper du repli de l'armée française sur Châlons. Mais Bazaine n'est pas de l'avis de Napoléon III. Il souhaite en effet livrer bataille rapidement, car il a confiance en la puissance de la place de Metz et omet l'incapacité de celle-ci à tenir un siège. Il ne met donc aucun empressement à exécuter l'ordre reçu et emprunte lentement la route de Verdun.


Dans l'après-midi du 14 août, les avant-gardes de l'armée du général allemand Steinmetz, probablement averties de la retraite française, livrent bataille dans les environs du village de Borny. Les Allemands en infériorité numérique se retirent dans la soirée craignant d'être la cible de l'artillerie des forts français. Mais malgré une défaite apparemment incontestable, les Prussiens ont rempli leur objectif. Ils ont en effet retardé le repli de l'armée du Rhin et permis au prince Frédéric-Charles, neveu du roi de Prusse Guillaume Ier et commandant de la IIe Armée, de poursuivre sa progression au sud de Metz sans être inquiété.

Frédéric-Charles franchit la Moselle le 15 août à Novéant. En fin d'après-midi, les avant-gardes de son armée atteignent Mars-la-Tour et barrent la route de Verdun. Les Français sont contraints de livrer bataille le lendemain.

Une rencontre fortuite des deux armées

Une patrouille de cavalerie, le 1er escadron du 1er Régiment de Dragons hanovrien, sous les ordres du capitaine (Rittmeister) Oskar von Blumenthal, repère les 127 000 hommes de Bazaine en route vers Verdun. Ce renseignement décide le prince Frédéric-Charles à ordonner à l'avant-garde du général von Alvensleben de barrer la route au repli français. C'est par hasard que les 30 000 hommes du IIIe Corps prussien d'Alvensleben rencontrent l'armée française près de Vionville, à l'est de Mars-la-Tour.

Déroulement de la bataille


Le 16 août 1870, la bataille de Mars-la-Tour débute. Vers 10 heures, le corps du général Canrobert est attaqué à Vionville par le IIIe Corps prussien commandé par Von Alvensleben II. Le corps du général Le Bœuf est engagé à son tour vers midi. Les Français se regroupent et font face aux unités prussiennes. La bataille tourne alors en mêlée confuse. Les assauts prussiens sont contenus par l'artillerie adverse.


Au début de l'après-midi, le 2e corps français est relayé par le 6e corps et par des éléments de la Garde impériale du général Bourbaki. Les troupes prussiennes sont à bout et la bataille semble tourner à l'avantage des Français. Mais des renforts allemands arrivent en fin d'après-midi. Ces derniers lancent alors le 7e régiment de cuirassiers, le 19e régiment de dragons et le 16e régiment de uhlans (équivalent des lanciers) de la 12e brigade de cavalerie (d'Adalbert von Bredow (de)) dans la bataille, dans le but de faire taire l'artillerie de Canrobert. Dans ce qui allait devenir la « chevauchée de la mort » de von Bredow, les cavaliers qui se lancent des lignes prussiennes à 14 h 0 profitent de l'état du terrain ainsi que de la fumée pour dissimuler leur progression aux observateurs français. Apparaissant alors à moins de 1 000 mètres des lignes françaises, la cavalerie prussienne perce à deux reprises les lignes françaises, y causant un vent de panique dispersant les soldats de Canrobert.



Le général Frossard lance à son tour les cuirassiers de la Garde impériale sur la partie gauche du champ de bataille. Dans la confusion, les cuirassiers français sont partiellement dispersés par l'infanterie de Canrobert qui fait feu sur tout cavalier à portée de tir. Il s'agit là du dernier grand affrontement de cavalerie d'Europe marqué par de célèbres charges telle la charge de la brigade du général Joseph Bachelier.


La charge fantastique de von Bredow sonne néanmoins le glas d'une grande partie de l'élite de la cavalerie prussienne. Bien qu'ayant fait taire l'artillerie de l'adversaire, neutralisé sa cavalerie et semé un vent de panique dans son infanterie, la brigade de von Bredow, après être parvenue à se retirer derrière ses lignes ne compte plus que 420 cavaliers sur les 800 ayant pris part à l'assaut. Herbert von Bismarck, le propre fils du chancelier prussien Otto von Bismarck, fait partie des blessés.


Pourtant les Français gardent l'avantage et gagnent du terrain. Comprenant qu'ils sont désormais sur le point d'être battus, les Allemands lancent une dernière offensive sur leur flanc droit, pour éviter l'encerclement. Piégés par le relief et par la présence de renforts français insoupçonnables derrière la crête, leurs troupes sont décimées et battent finalement en retraite désordonnée, à la merci de la chasse lancée par les Français. Ces derniers capturent alors leur premier drapeau ennemi de cette guerre.

Une victoire mal exploitée

À la fin de la journée, les deux armées bivouaquent à quelques centaines de mètres l'une de l'autre. L'attaque allemande a été repoussée. L'armée française reste maîtresse du champ de bataille et dispose d'un avantage numérique.


Bazaine peut alors choisir, soit de poursuivre les combats le lendemain avec l'appui de renforts venus de Metz, et avec de bonnes chances de battre l'armée du prince Frédéric-Charles ; soit de profiter de l'avantage de son camp pour rejoindre Verdun puis Châlons. Mais contre toute attente, il ordonne le repli de tous les corps sur le flanc ouest de Metz entre la Moselle et l'Orne, prétextant un manque de vivres et de munitions. Il laisse ainsi aux Prussiens la possibilité de continuer vers le nord-ouest et de barrer définitivement la route de Verdun.

Le 18 août, l’armée du Rhin est confrontée à une nouvelle bataille, celle de Saint-Privat, où sa défaite lui ferme définitivement la route vers l'ouest, l'enfermant à Metz.


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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Jeu 22 Nov - 14:54

Un grand merci à Mattioli qui m'a laissé diffuser ses photos

Uniforme d' Uhlan du régiment N° 16 prussien qui participa à la charge de la "mort"...









Tableau d'un uhlan du 16e mort..

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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Jeu 22 Nov - 15:36

7e Kürassier qui participa à la bataille de rezonville









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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Jeu 22 Nov - 15:41

Extrait de site: langrandeguerre1870

La charge du plateau d’Yron
(Bataille de Rezonville 16 août 1870)



-Le désordre est alors à son comble.

Ce n’est plus ni une attaque ni un combat, mais une mêlée vertigineuse, un tumulte furieux, une sorte de tourbillon dans lequel six mille cavaliers de toutes couleurs, de toutes armes s’égorgent au milieu des hourras et du choc formidable du fer, les uns avec la pointe (les français), les autres (les allemands) avec le tranchant du sabre.

Six régiments de cavalerie française et autant de cavalerie allemande, sont entassés, confondus pêle-mêle dans cet étroit espace.
Un épais nuage de poussière s’élève bientôt et voile cette boucherie indescriptible : au milieu de cette poussière, qui obscurcit l’espace, on n’y voit presque plus ; amis et ennemis se trouvent confondus, sans se reconnaître, grâce surtout à l’analogie que présentent certains costumes de notre cavalerie avec ceux de la cavalerie prussienne. Cette masse confuse de cavaliers tourbillonne et se mêle à ce point qu’on ne peut distinguer les français des allemands […] C’est un spectacle épique. Qu’on se représente le soleil déjà bas sur l’horizon, éclairant ces deux grandes masses de cavalerie qui s’entrechoquent. Jamais scène de guerre n’offrit un caractère plus saisissant, plus dramatique.

On voit alors se renouveler une de ces scènes grandioses, une de ces luttes homériques, qui atteint, dans ses proportions, ce que les grandes guerres du commencement du siècle ont pu offrir de plus impressionnant.
En voyant tous ces régiments de cavalerie s’entre-choquer, en entendant tonner le canon, dont le bruit terrible réveille toute la contrée, en voyant ces cavaliers se heurter avec rage et frénésie, il semble que le ciel va s’effondrer sur la terre. On pense alors aux grandes charges de cavalerie de Marengo d’Iéna, d’Eylau, de la Moskowa, de Champaubert, de Waterloo, et de vingt autres champs de bataille. Il semble qu’on voit passer les ombres de Murat, des d’Hautpoul, des Ney, des Montbrun et de tant d’autres héros, dont les noms sont impérissables.

Au premier choc a succédé une sanglante mêlée, l’une des plus curieuses de l’histoire militaire et qui dure une dizaine de minutes environ. A partir de ce moment, il est difficile de raconter nettement les incidents de cette lutte formidable.

Des milliers de sabres sont croisés, les rangs confondus. Les premiers escadrons prussiens ont été détruits ; chevaux et cavaliers tombent les uns sur les autres et couvrent déjà la terre. C’est sur des cadavres qu’on galope, qu’on se cherche, qu’on se poursuit et qu’on se tue. Ce ne sont plus que coups de sabre et de lance, détonations de revolvers et de mousquetons ; toutes les armes agissent à la fois. On entend les cris et les commandements et aussi les gémissements dans les deux langues.
Tout cela forme un tumulte immense. Des hommes renversés de leurs chevaux, parfois se relèvent encore sur leurs genoux, pour donner un dernier coup de sabre à l’ennemi. A chaque instant, on voit surgir de nouveaux combattants qui s’engouffrent, pêle-mêle, dans ce chaos. Les terribles lattes recouvertes de sang, dominent ce tumulte effroyable, la fumée et la poussière semble, en montant vers le ciel, refléter le rouge sombre de la bataille et la terre en tremble, car les feux d’une artillerie formidable, ajoute encore à l’horreur du spectacle.

Enfin, c’est le suprême moment où chacun frappe d’estoc et de taille.
Nos malheureux lanciers de la garde, qui ont donné dans l’aile droite de la division Legrand, sont pris par notre 3e dragons, à cause de leurs vestes bleu de ciel de petite tenue, pour des dragons prussiens et sont massacrés sans pitié. Au milieu des imprécations, des détonations et du cliquetis des sabres se choquant les uns contres les autres, on distingue à peine les cris de : « Ne nous frappez pas ! Nous sommes français.

-Pas de quartier ! » leur répondirent nos dragons, qui ont vu des uhlans clouer au sol les blessés, et qui, pensant à une ruse de l’ennemi pour les arrêter, frappent toujours. Quelles horribles scènes ; mais comment faire pour y mettre fin ?

Le colonel de Latheulade, atteint de nombreuses contusions, heureusement sans gravité, son sabre rouge de sang jusqu’à la garde et dont la lame s’est tordue, s’occupe de rallier ses lanciers, quand un gros de dragons prussiens l’entoure et se jette sur lui, le sabre haut. Sans perdre un instant son sang-froid, le brave colonel tient à distance les assaillants par un rapide moulinet et s’écrie : « A moi, les lanciers ! » Son appel est entendu. Les maréchaux des logis Maroquenne, Lafargue, Charreaux, le brigadier Caille, le lancier Lunel, se précipitent au secours de leur chef et le dégagent aussitôt.

Dans cette mêlée se distinguent le lieutenant-colonel de Biré ; le chef d’escadron Olliviers ; les capitaines Lejeune, Leroy, de Pierre, de Soulanges ; les lieutenants Krempel, Pinot, de Balincourt, de Boisdofré ; les sous-lieutenants Richard, Ancenay, de Chaignon, Chiroussot, Thoron, Boquet et de Chazelles.

Beaucoup d’officiers et de lanciers reçoivent de terribles blessures à la tête ; beaucoup de chevaux, sans cavaliers, reviennent instinctivement reprendre leurs places dans les rangs. Deux officiers sont atteints mortellement ; l’un, le sous-lieutenant Richet, est tué sur place ; le second, le sous-lieutenant de Neukirchen de Nyvenheim, blessé de plusieurs coups de feu et de sabre, meurt des suites de ses blessures, le 15 septembre suivant, à Norroy-le-Sec (Moselle). Déjà, comme on l’a vu, son frère, officier au 5e chasseurs à cheval succombait le même jour, dans la charge de son régiment contre la brigade Von Bredow.


Quinze officiers sont blessés. Ce sont :
Le colonel de Latheude, blessé légèrement ;
Le chef d’escadron de Villeneuve-Bargemont : coup de sabre à la tête, un second à la main, coup de lance au bras.
Le capitaine Castel : sept coups de sabre, un coup de lance, fortes contusions.
Le capitaine Poinfier : un coup de sabre au front, deux coups de sabre à la main droite et plusieurs contusions.
Le capitaine Moyret, coup de feu.
Les capitaines Villard et Pistoye de Maillanes.
Le capitaine Boisdofré : sept coups de sabre à la tête, un autre à la main droite, trois coups de lance dans le dos, plusieurs contusions.
Le capitaine adjudant-major Le Roy : coup de sabre à l’avant-bras droit.
Le lieutenant Marceron : coup de pointe à la tempe.
Le lieutenant Decormon ; coup de sabre à la tête, un autre à la main gauche.

Le sous-lieutenant Lamy, Ernest : trois coups de sabre dont l’un lui entame fortement le cou et un second la mâchoire ; quatre autres coups de taille sur les bras et la poitrine.

Le sous-lieutenant Perrot de Chazelle : coup de feu au bras gauche, coup de sabre au même bras, coup de sabre sur la tête (trois blessures graves).
Les sous-lieutenants Dubéarnès et Boquet (blessé à l’épaule gauche).
Il manquait en outre vingt sous-officiers et lanciers tués ; cinquante blessés et quarante disparus. Parmi les blessés, citons l’adjudant Beaufils ; le maréchal des logis chef Thil (quatre coups de sabre, un coup de lance) ; les maréchaux des logis Mery de Montigny (six coups de sabre), Person (visage balafré), Degoul (deux coups de lance, trois coups de sabre), Lafarge (deux coups de lance, un coup de sabre), Le Guellaut (trois coups de sabre), Peloux (deux blessures), Besson ; les brigadiers Bazin, Mathau, Mougey (trois blessures) ; le trompette Segel ; les lanciers Joly (deux coups de sabre, cinq coups de lance), Grimon (trois coup de sabre sur la tête et trois coups de lance), Audebert (quatre coups de sabre) Blancher (quatre coups de lance, cinq coups de sabre).
[…] Dans cette furieuse mêlée du plateau d’Yron, les dragons de l’impératrice, qui se trouvent démontés, se servent avec succès de la carabine chassepot. Les balles sifflent dans toutes les directions. D’après une tactique convenue d’avance, les cavaliers ennemis se précipitent à quatre, cinq, six, sur nos officiers. Les trompettes des dragons de l’impératrice, signalés par les larges galons d’or qui surchargent leurs tuniques écarlates, sont pris pour des officiers et ont particulièrement à souffrir.

Le colonel Sautereau-Dupart, des dragons de l’impératrice, est entouré par des uhlans hanovriens ; blessé de deux coups de lance ; il est renversé de cheval et va être achevé sans pitié, quand le capitaine adjudant-major Gauthier, bien que démonté et blessé court au secours de son chef et, soutenu par plusieurs sous-officiers, parvient à mettre les uhlans en fuite. Le brave lieutenant-colonel Boby de la Chapelle, le lieutenant Gosset, le sous-lieutenant Bontemps sont tués raides. Le lieutenant Antonin, le sous-lieutenant Bouteilles sont blessés mortellement. Le capitaine Lyet, le lieutenant d’Angelo, le sous-lieutenant Kalt sont blessé. Outre les officiers, vingt-huit dragons de l’impératrice sont tués ; trente-trois autres sont blessés ; le régiment perd en outre une quarantaine de chevaux. La mêlée dure toujours et le ralliement n’a pas encore sonné pour les français.

[…]- Il est six heures et demie du soir lorsque cet engagement a pris fin : le feu de l’infanterie cesse quelques minutes plus tard, cette accalmie se produit après échec partiel des allemands.

L’action n’est pas poursuivie : les troupes ennemies comme nous venons de le dire, se sont repliées au-delà de Mars-la-Tour et de la route de Verdun, nous cédant toute l’étendue du champ de bataille, où la recherche de nos morts et le soin de nos blessés termineront pour nous une des plus glorieuses rencontres de cavalerie de la guerre moderne. Quant aux prussiens, le nombre de leurs cadavres gisant dans la plaine, indique ce qu’ils ont subi de pertes et témoigne en même temps de la vigueur de l’attaque et de l’acharnement de la lutte. Les pertes des régiments ennemis qui ont pris part au combat du plateau d’Yron, auraient été de quarante-deux officiers, quatre cent quarante-trois hommes et trois cent quatre-vingt-onze chevaux.



(Extrait de « Français et Allemands, histoire anecdotique de la guerre de 1870-1871 » de Dick de Lonlay).


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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Jeu 22 Nov - 15:59

Le 7e Cuirassier est reformé en 1825. Entre cette date et la proclamation du Second Empire, il n'a servi qu'en garnison, étant parfois engagé dans quelques opérations contre des troubles sociaux, notamment à Lyon.

Ayant reçu ses nouveaux drapeau le 10/5/1852, le régiment en garnison à Versailles sert à diverses escortes de Napoléon III, notamment le 30/1/1853 lors de son mariage. Il ne participe à aucune campagne du second empire avant celle de 1870.

Durant la guerre franco allemande il fait partie de la division de Forton (3e divison de cavalerie de reserve de l'armée du Rhin). Il combat à Rezonville, embrigadé avec le 10e régiment et s'illustre contre la brigade prussienne de cavalerie Bredow. La division Forton est alors adossée au bois de Villiers au nord de Rezonville, derrière l'artillerie française, la brigade Murat de dragons déployée en ligne sur la droite, la brigade de cuirassiers en deux colonnes sur la gauche, le 7e cuirassier étant en première ligne.



"Au moment où les batteries commencaient leur feu, une colonne de cavalerie prussienne gravissait les pentes et débouchait sur les crêtes, enveloppant mes deux batteries qui eurent leurs artilleurs sabrés et plusieurs officiers tués. Cette colonne se composait du 7e cuirassiers (Magdebourg), du 16e Uhlans, ainsi que de dragons et de hussards, 1200 à 1500 chevaux environ.

Après avoir dépassé la crête, elle continua son mouvement et arriva à la hauteur de la droite de ma division, présentant le flanc gauche à envion 400 ou 500 metres de ma ligne de bataille. Je lancai immédiatement la brigade Murat dont le choc sépara la colonne en deux tronçons. La tête, poursuivie par les dragons, vint se heurter contre la cavalerie du 2e corps et fut à peu près anéantie. La queue, composée surtout de cuirassiers, essaya de regagner au galop sa ligne de retraite, défilant alors devant ma brigade de cuirassiers que j'avais tenue en réserve. Je la fis charger par le 7e cuirassiers, appuyés par un escadron du 10e et conservai trois escadrons en réserve.

Le choc fut décisif ; la colonne ennemie, en désordre, fut abordée une seconde fois par nos cavaliers et presque détruite. Le peu d'hommes qui purent échapper furent tués plus loin par nos fantassins. Dans cette affaire, le nombre de tués et de blessés de ma division a été relativement faible, ce qu'il faut attribuer à ce que les cavaliers prussiens se servent exclusivement du tranchant de leur latte, tandis que les nôtres ne se servent que de la pointe.

Le nombre de blessures par suite de coups de lance a été excessivement minime. Il faut ajouter aussi que les chevaux de la cavalerie ennemie, en arrivant devant ma division, étaient déjà exténués, tandis que les nôtres étaient parfaitement reposés."


(Rapport du général de Forton). Le 7e cuirassiers y engage quatre de ses escadrons y perd 4 officiers et 17 sous officiers et soldats.
Il capitule plus tard à Metz.

Un 7e régiment de marche est formé fin 1870 et participe aux opérations de l'armée de la Loire.

Après 1871, le 7e régiment de cuirassiers reste en garnison en France jusqu'en 1914.




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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Jeu 22 Nov - 16:02

Casque du 10eme regiment de cuirassiers



Le 10e régiment de cuirassiers enchaine les garnisons métropolitaines durant le second empire et n'est engagé dans aucune campagne active avant 1870.

Le 21/7/1870, le régiment reçoit l'ordre de mobiliser quatre escadrons (47 officiers et 537 hommes) et rejoint Pont à Mousson le 29/7 avec le 3e division de cavalerie de réserve.

Après quelques mouvements sans conséquences, le régiment est engagé à Rezonville le 16 aout. Après avoir rencontré les avants postes ennemis la veille, il campe devant Vionville. Au matin, lors de la canonnade suprise des Prussiens, il doit se regrouper en arrière sur le plateau dominant Vionville et Rezonville. Le 1er escadron est engagé dans la contre charge contre la brigade Bredow avec le 7e régiment de cuirassiers avec lequel il est embrigadé. S'élançant à la charge, il tombe dans le flanc de l'ennemi et refoule ses débris dans le vallon qu'il venait de traverser, lui causant de grandes pertes, sans en subir de notable.

Durant le siège, le régiment bivouaque sur le quinconce de l'école de pyrotechnie, puis sur l'île Chambière et reste dans la plus complète inaction.

Il reste en garnison en France entre 1871 et 1914.



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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Jeu 22 Nov - 16:36

Le champs de Bataille ( Mars la Tour) de nos jours.... Wink



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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 9:54

Bonjour à tous

Je partage avec vous ma recherche sur la bataille de rezonville. Je recherche des informationset photos sur le 19eme dragon d'oldenbourg, des témoignages coté allemand sur cette charge,..... study

Bonne lecture

/biere/
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kz11gr
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 10:27

Merci Jupiter , pour ce post passionnant , et dont le style littéraire est excellent .

bravo2/

C'est tiré de quel livre ou de quelle source ?

==


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laurent1488

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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 10:30

bonjour,
merci Jupiter pour le récit de cette bataille, par contre ta photo n'est pas bonne , elle est post 1870 ( sans doute vers 1872)
cordialement
Laurent
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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 10:37

Re

Merci à vous! Laurent, tu parles de quel photo? study

kz11gr a écrit:
C'est tiré de quel livre ou de quelle source ?

Wikipédia, site lagrandeguerre1870 et military-photos.... study


/biere/
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JR92



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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 11:56

Très interessant !


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soup town

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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 11:59

Bonjour.

Merci Jupiter pour cette page d'Histoire. J'habite à quelques km de Mars la Tour et j'ai survolé plusieures fois le champs de bataille qui est plein de petits monuments aux morts Allemands. Dés que je peux, je fais des photos.

A+Soup /biere/
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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 12:44

Photo de binoflut: casque de dragon...

Le 1er Dragons ne participe à aucune campagne avant 1870, date à laquelle il est engagé à l'armée du Rhin. Il se bat à Rezonville au sein de la division de Forton, d'abord en étant surpris par l'attaque prussienne, puis en s'illustrant par sa charge contre la brigade de cavalerie prussienne Bredow et les cuirassiers de Magdebourg.

Le 3e Dragons a reçu ses aigles le 10/5/1852. Il sert en garnison durant toute la période de l'Empire, n'étant engagé ni en Crimée ni en Italie.

En 1870 il est affecté à la division de cavalerie du général Legrand (4e corps d'armée). Rassemblé à Metz, il est engagé une première fois à Borny. Le 16 aout à Mars la Tour, il occupe l'aile droite de l'armée. "Vers 4 heures, un gros de cavalerie prussienne exécuta un mouvement tournant, appuyé par une batterie à cheval qui tirait à bonne portée et commençait des dégâts.

Le 2e chasseurs d'Afrique le chargea en fourrageurs et le 3e dragons reçut l'ordre d'appuyer cette charge. Mais l'artillerie ennemie ayant cessé le feu en laissant voir une cavalerie imposante, les chasseurs durent se retirer. La division prit alors ses dispositions d'attaque ; les 2e et 7e hussards en première ligne, le 3e dragons en deuxième. L'ordre de se porter en avant était à peine donné qu'un régiment de dragons ennemi fit un changement de front et menaça de prendre la division par son aile droite.

Le 3e dragons lui fut immédiatement opposé. Le régiment, vigoureusement entrainé par le général Legrand, par son colonel et par ses officiers, aborda franchement et aux cris de "Vive la France !" le régiment ennemi qui fut complétement culbuté dans cette glorieuse charge. Le régiment fit des pertes douloureuses. le général Legrand fut tué, 7 officiers furent disparus (dont le colonel et le lieutenant colonel) et 7 autres blessés, 17 cavaliers disparurent et 41 furent blessés. (historique du régiment)"


A Saint Privat il est chargé de défendre une batterie d'artillerie un moment menacé par la cavalerie ennemie. Il laisse 5 blessés sur le terrain. Il subit les affres du siège de Metz et capitule avec l'armée le 29/10/1870.

Reconstitué en 1871, il reste en garnison metropolitaine jusqu'en 1914.


Le 4e Dragons assite aux combats de Borny, Rezonville (charge du plateau d'Yron) et Saint Privat en 1870. Deux escadrons du régiment se feront remarquer à Noisseville (31/8/70) en combattant à pied.

Le 5e Dragons n'est engagée dans aucune campagne du Second Empire avant l'année terrible.

Le 18/7/1870, il mobilise 4 escadrons de 115 hommes et rejoint Metz le 23 juillet, affecté à la division de cavalerie de Clérambault. Après avoir effectuée quelques reconnaissances sans importance, il participe à la bataillede Borny en reserve derrière une batterie de mitrailleuse et a quelques hommes blessés. Durant les batailles de Rezonville et de Saint Privat, le régiment est détaché au 3e Corps d'armée et n'est pas engagé. Le siège de Metz se déroule aussi sans fait notable, hormis lors de la bataille de Noisseville où un peloton du régiment combat à pied à Coincy. Envoyant progressivement ses chevaux à la boucherie, le régiment capitule finalement le 28 octobre à Metz avec le reste de l'armée.

Le 7e Dragons reçoit son nouvel étendard le 10/5/1852. Le 11/4/1854, il participe à une revue en l'honneur du duc de Cambridge et de Lord Raglan, futur commandant de l'armée anglaise en Orient. C'est quelques jours plus tard que le 7e dragons est désigné pour faire partie du corps expéditionnaire français en Orient. Quatre escadrons partent de Marseille en juin 1854 sur des petits voiliers de commerce de petit tonnage et débarquent à Gallipoli courant juillet. Très vite atteint par le choléra, le régiment rejoint Andrinople le 3/11/1854, mais la fin de l'expédition de la Dobroudja nécessite son retrour vers Constantinople où il passe l'hiver.
Envoyé en Crimée, le 7e dragons débarque à Kamiesh, base de ravitaillement de l'armée française, fin avril 1855 et est embrigadé avec le 6e régiment de dragons. Son premier engagement a lieu le 24 mai, lors de la bataille de la Tchernaïa, et le régiment contribue à la prise de la batterie russe "Bilboquet". Durant l'été 1855, il effectue plusieurs reconnaissances, des services de fourrages et d'avant poste. Après la prise de Sébastopol, le 7e dragons est envoyé sur Eupatoria. C'est lors de cette expédition qu'il est engagé à Kanghill, le 29/9/1855 et avec le 6e dragons dégagent le 4e hussard qui avait chargé en premier les cosaques russes. Le retour en France a lieu en mai 1856.

En 1870, le régiment est embrigadé dans la division de cavalerie du 2e corps d'armée (Gl Frossard). Il participe aux batailles de Sarrebruck (2/8/1870) et de Forbach (6/8/1870), avant de se rassembler à Metz. Le 16/8/1870, à Rezonville, le 7e dragons est engagé contre la division Bredow (dite "charge de la mort"). Après le siège de Metz, le régiment capitule avec l'armée le 29/10/1870.

Reconstitué à Valenciennes, le 7e dragons est envoyé vers Paris le 10/4/1871 pour contribuer au blocus de Paris occupé par la Commune. Sous la République, le 7e Dragons n'est pas engagé dans des opérations actives avant 1914.


Le 8e Dragons est engagé en 1870 au sein de la division du général Clérembault aux batailles de Borny, Rezonville et Saint Privat.

Le 9e Dragons fait la bataille de Rezonville en 1870. Il est d'abord surpris par l'attaque prusienne et se débande, avant de s'illustrer en chargeant la brigade Bredow.

Le 11e Dragons a pris part à l'expédition de Rome en 1849. Il ne fait plus campagne avant 1870, date à laquelle il participe aux batailles autour de Metz (Borny, Rezonville et Saint Privat) et au siège de Thionville.

Le 12e Dragons s'illustre à Spicheren en couvrant la retraite, puis à Rezonville en chargeant le 7e régiment cuirassier prussien de la brigade Bredow


L'uniforme des Dragons est profondément modifié lors de la réforme de 1868.

L'habit avant la réforme : En drap vert foncé, il se boutonne droit sur la poitrine par 7 boutons. Il est recouvert d'un plastron, signe distinctif de la cavalerie de la ligne par rapport à la cavalerie lourde et légère, fixé par 14 petits boutons. Les revers ont une couleur distinctive : blanc pour les 1er à 4em régiments, jonquille pour les 5e à 8é régiments et garance pour les 9e à 12e


Avec la réforme de 1868, l'habit de tradition est remplacé par une tunique du modèle unifié pour toute la cavalerie. Elle possède 9 boutons et une jupe de 230 mm de hauteur. A compter de cette date, la couleur distinctive des Dragons devient le blanc. Elle orne, et ce jusqu'en 1914, les collets, brides d'épaulettes, pattes de parement et passepoils.
Le pantalon est en drap fin rouge, avec sur les cotés une bande noire de 5 cm.
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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 13:06


Le 3e Lanciers est créé en 1831. Sous l'Empire, il reçoit ses aigles le 10/5/1852. Durant cette période, il ne quitte pas les garnisons de province et ne participe à aucune campagne active.

La guerre de 1870 surprend le régiment en garnison à Luneville et il a trois heures pour se préparer au départ et rejoint Sarreguemine sans voitures, sans forges de campagne, sans cantines à vivre, ni tentes pour les officiers. Attaché d'abord au 5e corps d'armée du général de Failly, il est, début aout, attaché à la brigade mixte du général Lapasset et rejoint le 2e corps d'armée à Metz.

Le 16 aout il est engagé à Rezonville. Lors de la retraite du 2e CA pressé par les prussiens devant le village de Vionville, le régiment reçoit l'ordre de charger avec les cuirassiers de la Garde pour soulager l'armée. "Le capitaine d'état major de la Pommeraye apporte au colonel Torel l'ordre du maréchal. Immédiatement le régiment monte à cheval et le colonel commande : "Par demi régiment, changement de front sur l'aile droite, au galop, marche !" Par suite de ce mouvement, les 3e et 5e escadrons se trouvent à la droite et les 1er et 2nd à gauche. De nombreux accidents de terrain jettent quelques désordres dans le rang pendant la marche au galop. Cependant le régiment arrive sur la crête et aperçoit enfin l'ennemi avec lequel il va se mesurer, lorsqu'un officier d'état major vient arréter le mouvement. Les lanciers font un demi tour; se reforment et, sur un nouvel ordre, s'élancent de nouveau.

Le 1er escadron (capitaine Hydien) et le 2e (capitaine de Rasac), guidés par le Lieutenant Colonel Wolbert, suivent le colonel qui se dirige droit sur l'infanterie ennemie formée en carré. La charge est bien menée, les deux escadrons conservent une grande cohésion, les lances baissées présentent un alignement magnifique : tout fait prévoir que rien ne cédera à cet ouragan discipliné.


A 60 metres les Prussiens font feu, mais la plupart des projectiles vont frapper les cuirassiers de la Garde. En revanche l'artillerie nous cause plus de dommages. Un obus eclate entre le colonel et le front du 1er escadron : le capitaine adjudant major Chelin est atteint à la tête, le capitaine Hydien en pleine poitrine.

Nos lanciers avancent toujours, malheureusement la direction change peu à peu ; on se jette à droite, une partie du 2e escadron vient seule donner sur le coin du carré, et quelques lanciers exécutent avec succès le coup de lance à terre sur un groupe de fantassins qui s'est jeté à plat ventre pour éviter le choc. Entrainés à toute vitesse, les deux escadrons dépassent le carré et sont pris de flanc par une fusillade meurtrière qui les force à la retraite.

En les ralliant, le colonel Torel a son cheval tué sous lui. Aussitôt le marechal des logis Bouvier saute à terre et lui donne le sien. Le sacrifice héroïque des deux régiments suspend un instant la marche des Allemands, et les voltigeurs de la Garde, profitant de ce mouvement de répit, accourrent et bouchent la trouée qui s'était produite à droite du 2e CA.

Pendant ce temps, les 3e et 5e escadrons du 3e lanciers, entraînés d'abord par le chef d'escadrons Doridant, se trouvent bientôt sans guide et chargent dans le vide. Avec un rare sang froid, le capitaine Brulin parvient à se faire entendre de ces escadrons égarés ; il les arrète, leur fait exécuter un demi tour par pelotons et les ramène au pas dans le plus grand ordre. Grâce à l'initiative, à la fermeté et à la présence d'esprit de cet homme de coeur, la moitié du régiment venait peut être d'echapper à un désastre.

Ces escadrons longaient la route de Vionville à Rezonville, lorsqu'un officier supérieur de l'état major du maréchal Bazaine, nu-tête, couvert de sang, l'epée à la main, arrive au galop et crie "Au secours les lanciers, le maréchal est enlevé !" Emmenés par leurs officiers, les lanciers partent au train de charge et rencontrent l'escadron d'escorte du 5e hussards qui venait de faire payer chèrement aux hussards rouges leur tentative audacieuse. Le 3e lanciers avait eu 3 officiers blessés, 18 hommes tués, 16 blessés et 46 chevaux tués ou blessés."


Le régiment n'est pas engagé à Saint Privat, ni lors du siège de Metz. Il capitule avec la place le 28 octobre.

En 1871 il est dissous et ses cadres servent à créer le 15e régiment de dragons.



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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 14:13

Un autre témoignage de ce combat: study

Un texte tiré du livre d'Alexandre Farinet, "Journal de guerre d'un porte-étendard de l'Armée du Rhin". Ce court extrait raconte, avec un réalisme saisissant, un combat de cavalerie lors de la bataille de Rezonville du 16 août 1870.


[..]"En avant ! dans ma pensée, en arrivant sur la cavalerie ennemie, je voulais négliger le soldat et tacher de combattre un officier ; j’en étais là de mes idées lorsque, tout à coup, je reçus près de l’épaule gauche un violent coup qui heurta la gouttière de ma cuirasse et déchira le dessous de mon épaulette. Ce coup, porté par derrière, visait sans doute ma tête mais il porta trop bas et manqua son effet.

Au même instant je vis passer au galop un officier de uhlans qui devait être l’auteur du coup de sabre. Je le poursuivis. Il me tournait le dos, fuyant à trois ou quatre mètres en avant de moi, dans un espace assez libre. Je rattrapais l’Allemand et plongeais la lame de mon sabre dans le flanc de son magnifique cheval. Avant qu’il ne s’abatte, je retirai vivement mon arme et sans différer une seconde, j’atteignis l’homme ; ma latte pénétra tout entière dans son corps : monture et cavalier mordirent la poussière !

Ce que j’éprouvais alors est difficile à décrire. C’était ma première affaire : une sueur froide me monta au visage et je fus pris d’un tremblement nerveux en voyant sur la lame de mon sabre ce sang fumant dont quelques gouttes avaient rejailli sur mes joues. Les yeux de cet officier expirant se fixèrent sur moi ; en y songeant j’éprouve encore un frisson. Je n’ai pas distingué son grade ; c’était un homme d’une quarantaine d’années, de taille ordinaire, un peu maigre, portant une barbe noire.

Je fus troublé à tel point que je ne vis pas le capitaine Vignal qui combattait non loin de moi en poussant de grands cris. Le lieutenant Bille, Chemin et moi, suivis d’une petite troupe de cuirassiers nous nous portâmes au secours d’un groupe de nos soldats que nous estimions en danger. Chemin fut renversé sous son cheval et disparut sans que nous puissions savoir ce qu’il était devenu. A mon tour je fus cerné et mis dans une position critique. Je reçus sur la tête un coup violent qui repoussa mon casque en arrière de sorte que je haletais, étranglé par les jugulaires. Ensuite un violent coup de sabre m’atteignit à la main droite, me faisant une blessure légère entre le pouce et l’index. Ma bonne jument avait la fesse gauche entamée par deux coups de sabre, elle agitait la queue et me couvrait de son sang ; bien que ces blessures ne fussent pas profondes ni dangereuse, cela me gênait beaucoup.

Nous profitâmes d’une éclaircie pour respirer un peu, en voyant tourbillonner de toute part des escouades aux prises ; tous les hommes du régiment sont confondus, il n’y a plus ni pelotons organisés, ni escadron ; la solidarité n’en est pas moins grande entre soldats d’un même régiment. Nous étions à ce moment une trentaine de cavaliers réunis, tous couverts de sang et de sueur.

La lutte continuait toujours, nous nous trouvâmes de nouveau assaillis ; je reçus un coup de lance porté avec une telle force que la pointe, après m’avoir brisé le petit doigt de la main gauche, traversa la partie inférieure de mon manteau roulé sous le pommeau de ma selle, pénétra au travers de mes vêtements et me fit une légère entaille à l’abdomen ; le coup fut amorti par la flamme de la lance qui trouva un obstacle dans mon manteau ; sans ce manteau providentiel j’étais un homme mort.

Ce malheureux uhlan, tandis qu’il cherchait à dégager sa lance retenue par les crampons de la flamme, fut traversé d’un coup de pointe que lui porta le maréchal des logis Rinkel. Peu de temps après, ma jument eut le bas des naseaux traversé par un coup de lance. Je perdis un étrier, puis je fus tiré par un bras cramponné à ma tunique ; à ce moment précis je vis s'avancer sur moi sans que je puisse me défendre un cavalier de Magdebourg dans lequel je reconnus de suite un officier.

La pointe de son sabre était peu éloignée de la tête de mon cheval, lorsque, j’essuyai à ma gauche trois coups de revolver qui n’atteignirent que ma cuisse sans me blesser. Je sentis mon cœur se glacer d’effroi, je pensais aux miens, que de réflexions en dix secondes ! Entouré de toutes parts, serré de près, j’eus le sentiment que j’allais succomber, me trouvant isolé, pressé par l’ennemi.

Heureusement, quelques-uns des nôtres, voyant le danger que je courrais, prirent les Prussiens à revers ; mon heure, il faut croire, n’était pas encore sonnée. Le cou du cheval de l’officier qui voulait me pourfendre fut traversé par une balle tirée à bout portant ; cet animal se cabra, se raidit et finit par s’abattre entraînant son cavalier sous lui ".
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 17:21

[quote="jupiter"]7e Kürassier qui participa à la bataille de rezonville







Je ne pense pas que se soit un cuirassier du 7eme...car le jaune est la couleur dominante dans ce régiment. En revanche le cliché d'en bas sans problème c'est bien le 7.
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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 21:46

Bonsoir Ernst

Il est difficile de trouver un uniforme du 7eme regiment pour illustrer ce post .Alors j'ai pris un ensemble du cuirassier d'un autre regiment.. study

/biere/
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Ven 23 Nov - 23:36

Malgré des lectures et relectures, moi qui habite à quelques km de là, j'ai toujours un immense intérêt pour le récit de ces combats qui amenèrent l'annexion de l'Alsace-Lorraine et vais souvent de fois me promener sur le champ de bataille ou il reste des monuments magnifiques et ce malgré la hargne vis à vis des Allemands en 1918.



Vous écrivez «ils sont passés par Novéant», j'y habite:
Les habitants voulaient le détruire, ce sont des officiers français qui les en ont empêchés…
Voilà ce que j'ai vu ce jour là /bourré/



Le fameux pont


Votre récit est concis mais véhicule tous les poncifs de l'époque et qu'on nous à transmis, à savoir: principal fautif, Bazaine. Les français avait gagné la bataille. La lenteur de la retraite (car c'était une retraite, ils avaient été battu à Woerth, à Spicheren, à Borny …) oubliant qu'une telle armée innombrable et harcelée à besoin de plusieurs jours pour se retirer.

Aujourd'hui un éclairage différent est porté sur cette affaire. Voici ce que j'en disait sur un de mes blogs.

Bazaine, est-il coupable?


Je viens de terminer la lecture de deux livres qui m’ont donné un éclairage différent des événements de ce mois d’août 70 (voir plus bas). C’est suite à une recherche sur internet que j’ai pu acquérir un de ses ouvrages, tous deux du Comte d’Hérisson, auteur qui m’était totalement inconnu jusque là. Je ne doute pas que ce personnage serait classé à notre époque de mauvais sujet, pensez, il ose aller à l’encontre de la vérité obligée, qui a fait de Bazaine un bouc émissaire idéal, noyant ainsi toutes les autres responsabilités d’où qu’elles viennent.
Dans “Les responsabilités de l’année terrible”, paru en 1891, l’auteur reprend les même thèmes que dans “La légende de Metz”, paru bien trop top selon lui (1888 ), et soulage quelque peu le fardeau de Bazaine . Il justifie son essais car selon lui, « il l’a fait pour le pays et surtout pour notre armée, atteinte plus profondément qu’elle ne le crois elle-même...».

JF Genet
Les Responsabilités de l’Année Terrible. (voir sur le net auprès de libraires ou ebay)
La Légende de Metz http://fr.wikisource.org/wiki/La_Légende_de_Metz
voir aussi sur Gallica
Il me semble aussi que depuis, le procès de Maréchal Bazaine est en ligne

autre
L'ouvrage de John Grand-Carteret "La France jugée par l'Allemagne" est écrit en 1886, dans une période où les tensions entre les deux pays restent vives. Le général Boulanger, ministre de la guerre, fait campagne pour la reconquête de l'Alsace-Lorraine et l'affaire Schnaebelé éclate en avril 1887.
http://www.uqac.ca/class/classiques/grand_carteret_john/france_jugee_allemagne/france_jugee.html

Dernière remarque, il apparait que c'est suite à la désobéissance d'un officier de l'armée du prince F Karles qui entreprend reconnaissances et patrouilles dès la nuit du 14 aout que les Prussiens coupent au cours pour couper la route de Verdun aux Français.

Cdlt
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MessageSujet: supprimé pour cause de doublon   Ven 23 Nov - 23:40

supprimé pour cause de doublon


Dernière édition par e-Storial le Dim 25 Nov - 15:36, édité 1 fois (Raison : doublon)
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Sam 24 Nov - 8:22

Bonjour

Sujet très passionnant et félicitations à Jupiter

Je conseille la lecture de cette ouvrage qui nous fait une étude complète et très bien illustrée de ces combats autour de Metz.
En tout cas j'adore me promener dans cette région et beaucoup d'expression populaire (tomber comme à Gravelotte etc...) illustre bien la dureté des combats. D'ailleurs les Allemands ont érigé beaucoup de monument....





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Ernst

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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Sam 24 Nov - 11:50

jupiter a écrit:
Bonsoir Ernst

Il est difficile de trouver un uniforme du 7eme regiment pour illustrer ce post .Alors j'ai pris un ensemble du cuirassier d'un autre regiment.. study

/biere/

Ca m'a tout de suite choqué car c'est de loin mon préféré ce 7. Je pense que celui ci est un uniforme du Kürassier Regiment Königin (Pomm.) Nr 2, dont j'ai visité le quartier à Pasewalk en 2005.
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Sam 24 Nov - 12:13

bonjour,
Juste un petit passage dans ce post pour dire que c'est très interessant et aussi vu que Gravelotte est cité plus haut je suis passé hier devant le futur musée de la guerre franco-prussienne et, croyez moi, çà avance et pour 2013 je pense que ce sera bon......je suis pressé et je pourrai biensur faire des photos le moment venu...
ndlorette
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Sam 24 Nov - 12:34

Citation :
devant le futur musée de la guerre franco-prussien

Une odyssée, que l'histoire de ce musée, celui de Mars la Tour et celui de Jaulny !
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jupiter
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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   Sam 24 Nov - 12:45

Bonjour à tous

Merci pour vos contributions , le post prend une nouvelle tournure... drunken

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MessageSujet: Re: **Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**   

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**Bataille de Mars-la-Tour ( ou " La Chevauchée de la mort ")**
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