En juin-juillet 1915, l'arrivée du casque adrian sur la tête des soldats français retient l'attention d'une commission spéciale anglaise, qui décide de commander 495 de ces casques qui seront livrés aux 1iere, 2ieme et 3ieme armées à but d'expérimentation (les avis seront favorables).
Pendant ce temps le War Office à Londres conclut que le casque Adrian ne donne qu'une protection insuffisante et que la fabrication est trop complexe.
Et là, John Leopold Brodie propose son casque, de fabrication rapide et peu couteuse tout en offrant une protection de la tête et épaules contre la chute d'objets en position dans les tranchées.
le casque expérimentalDeux modèles similaires dérivent de cette proposition initiale:
le casque du premier modèle ou "type A", qui diffère légèrement du dessin initial de l'inventeur. Il présente une visière circulaire large de 40mm sur l'avant et l'arrière, de 50mm sur les cotés. La bombe est étroite et aplatie sur son sommet.
le casque du second modèle ou "type B", suit le brevet original de Brodie. Il présente une bombe prononcée et une visière étroite, de 25mm sur l'avant et l'arrière, de 35mm sur les côtés.
L'intérieur des casques type A et B suit exactement le brevet de Brodie. Il consiste en une doublure suivant la forme de la bombe, confectionnée de plusieurs épaisseurs de feutre et de coton ouaté rembourrées d'ouate. Cette doublure est recouverte d'une coiffe en toile cirée noire avec six languettes. Il y a 12 petits tubes sur le pourtour de la coiffe qui servent d'amortisseurs tout en assurant la ventilation.
Le tout est fixé au sommet de la bombe par un rivet de cuivre.
La jugulaire est en cuir fauve veiné de 19mm de large avec boucle métallique à ardillon.
Elle est fixée au casque grâce à un anneau plat en cuivre à chaque extrémité renfermé dans un fourreau d'acier plié et riveté mécaniquement.
100 casques type B et 49 casques type A sont distribués en France en octobre, et certains sont portés pendant la première bataille de Loos.
Le casque d'acier Brodie, modèle du war Officele casque type A devient le casque "officiel" avec une modification : le fourreau de fixation de la jugulaire sur la bombe est maintenu par un rivet fendu à tête ronde au lieu d'un rivet mécanique.
En octobre 1915 la production de casques d'acier atteint 850 pièces par jour.
on décide de ne plus produire le casque en acier doux, mais en tôle d'acier au manganèse amagnétique qui présente des qualités de résistance trois fois supérieures a celle de l'acier doux.
En novembre-décembre 1915 la forme du casque change un peu : la bombe affecte maintenant une courbe plus prononcée, la visière circulaire est plus étroite (43mm sur le coté et 32mm avant et arrière).
On modifie aussi l'intérieur : les tubes amortisseurs en caoutchouc sont désormais maintenus par une bande de cuir au lieu de la toile cirée. La coiffe présente également un cachet rectangulaire portant l'indication du brevet déposé par Brodie. La visière du casque porte des marquages estampés de fabricants et de lot de tôle.
Au début de janvier 1916, la spécification relative à la qualité du métal est modifiée en faveur d'un acier dont la résistance balistique correspond à une vélocité de 213.5 m/seconde (contre 228.75 m/seconde auparavant) car il y a une pénurie de matiere premiere. Cela facilite l'approvisionnement et de nombreux métallurgistes, dont on avait refuser les offres, sont rapidement mis a contribution.
En mars 1916, 270 000 casques ont été confectionnés, dont 140 000 distribués en France (le reste distribué pour les autres théatres d'opération).
voici un modele du war office (directement dérivé du type A expérimental de Brodie) de fabrication en acier doux encore, (remarquez la bombe applatie en son sommet et le mauvais centrage du rivet)
la couleur initiale est celle de l'intérieur, l'extérieur a été repeint en unité. il a servi dans le First Royal Dragoon. 



celui ci aussi a été repeint sur sa partie extérieure, c'est une production en acier amagnétique au manganese, les moules différenet légèrement et la forme de la bombe est plus prononcée et moins aplatie


sur ce casque une fine couche de granitage extérieur a été ajouté




le casque d'acier mark IQuelques défauts du casques ont été constatés :
-la bombe du casque est trop ronde et trop peu profonde
-il est peu stable sur la tête
-la coiffe est trop chaude et glissante
-le bord du casque est trop coupant
-la peinture est trop réfléchissante.
des améliorations sont apportées :
-nouveau type de coiffe et de jugulaire
-casque cerclé d'un jonc de métal
-peinture non-réfléchissante.
La nouvelle coiffe est confectionnée en deux parties distinctes. Un tampon oval de plusieurs épaisseurs de coton ouaté, d'amiante et de feutre est maintenu au sommet de la bombe par un rivet en cuivre et une rondelle nickelée. Un serre-tête circulaire en toile cirée, sans languette, protège un rembourrage circulaire également confectionné en toile doublée d'ouate et de coton ouaté. Sur sa face extérieure, une bande de cuir maintient les 12 tubes de caoutchouc.
Un filet de coton fermé en son sommet
Les deux parties de la coiffe sont tenues ensemble par une bande de cuir rivetée sur les côtés du rembourrage et sur le sommet de la bombe. La jugulaire est reliée aux extrémités de cette bande par deux anneauc plats en cuivre. Elle n'est plus fixée dans les fourreaux rivetés sur la visière. Elle est réglable par un boucleteau coulissant.
le nouvel intérieur
Les fourreaux de lajugulaire sont agrandis et des anneaux plats de 15 par 30mm y sont glissés.
détail de la nouvelle fixation de la jugulaire (remarquez aussi le rivet fendu maintenant le fourreau)
Une petite notice en papier est maintenue par le rivet du sommet de la bombe. Elle porte l'indication "Tighten cord and ajust net to fit the head" (Resserrer le lacet et régler le filet à la taille de la tête).

L'arète de la visière de la bombe est dotée d'un jonc en acier doux qui se recouvre sur l'arrière où il, est soudé par points.
détail de la soudure
La surface de la bombe est recouverte d'une peinture kakie-sable non réfléchissante.
détail de la peinture granitée, remarquez la peinture lisse brillante en dessous 
En mai 1917, l'état major ordonne l'ajout d'un tube de caoutchouc autour du tampon de la bombe sur les chaînes de production, afin d'amoindrir encore les heurts.
La fabrication en masse commence au début de juin.
Par la suite la bande de cuir du rembourrage du serre-tête est remplacée par de la toile, le rembourrage reçoit une épaisseur supplémentaire de feutre.
La fabrication des casques se poursuit jusqu'a la fin de février 1919, quand tous els contrats viennent a expiration.
entre septembre 1915 et février 1919, environ 7 millions de casques ont été fabriqués.
casque mark1, fabrication après mai 1917 (on remarque la forme du tube de caoutchouc sous la feutrine)

il manque ici la feutrine, ce qui laisse apparaitre le tube de caoutchouc
Voici un casque de fouille avec le rare montage pour la côte de maille parre-éclats..., le casque est un mk I qui a perdu son jonc.



source : un numero de MM et infos personnelles